L’odeur des pins chauds nous a cueillis dès le péage de La Jonquera. Cet été, cap sur un camping en Espagne au bord de mer. Direction le golfe de Roses et ses criques catalanes. On avait promis aux enfants des toboggans et un lit à deux minutes des vagues. Promesse tenue, et bien au-delà. On a comparé trois côtes, plusieurs formules d’hébergement et beaucoup d’avis avant de se lancer. Le premier matin, Inès est revenue du bord de l’eau avec un coquillage rose. Elle l’a posé sur la table du petit déjeuner, comme un trophée.
À retenir pour les parents pressés
- Descendre pieds nus vers les dunes du golfe de Roses.
- Dévaler les cinq toboggans de l’Amfora avant le petit déjeuner.
- Marcher sur le camí de ronda entre criques et pinèdes.
- Observer les flamants roses des Aiguamolls, cachés derrière les affûts.
- Filer à PortAventura quand le ciel de Tarragone se voile.
Pourquoi choisir un camping en bord de mer en Espagne ?
Le premier matin, Léo a ouvert la porte et annoncé la couleur. « La mer est à deux minutes, chrono en main. » Il avait vérifié la veille, évidemment. Un camping avec accès direct à la plage change le rythme de la semaine. Pas de voiture à charger, pas de parking à chercher à midi. Le rythme s’installe tout de suite : sable le matin, piscine après la sieste.
Avec de jeunes enfants, ce détail pèse plus lourd que tous les toboggans. Inès faisait l’aller-retour seule entre la serviette et notre terrasse. On la suivait des yeux, sans stress, un café à la main. Tom rapportait le pain de la supérette, encore tiède dans le sachet. Inès installait son coin dessin sur la table de la terrasse. Les vacances tiennent parfois à ces routines minuscules.
L’Espagne ajoute une saison qui s’étire. On se baigne sans frissonner de la mi-juin à la fin septembre. Mai et octobre restent doux, parfaits pour les balades et les terrasses. Côté budget, la côte espagnole reste souvent plus douce que le littoral français. À prestations égales, un camping espagnol coûte souvent moins cher qu’en France. Et les piscines, elles, jouent dans la cour des grands. Beaucoup de familles reviennent camper en Espagne chaque été, on comprend vite pourquoi.
Costa Brava, Costa Dorada ou Costa Blanca : trois côtes, trois caractères
Avant de réserver, il faut choisir sa côte et son camping. On a potassé les cartes en famille, un soir de mars, chocolat chaud à l’appui. Chaque littoral a son ambiance, aucune ne ressemble aux deux autres. La bonne destination dépend surtout de la route qu’on accepte de faire.
La Costa Brava, des criques au bout du camí de ronda
Au nord de la Catalogne, la Costa Brava aligne criques, falaises et pinèdes. L’eau y est translucide, presque irréelle sous le soleil de juillet. Les villages blancs veillent sur une mer d’un bleu profond. Le camí de ronda, l’ancien chemin des douaniers, relie les calas en longeant la côte. On y a marché une matinée, entre Calella de Palafrugell et Llafranc. Léo comptait les barques, Inès remplissait ses poches de pommes de pin. À Llafranc, on a partagé une paella face aux barques amarrées. Le serveur a offert les glaces des enfants, sourire en prime.
C’est aussi la côte la plus proche de la France. Les premières stations se rejoignent en moins d’une heure depuis la frontière. Idéal pour un premier séjour en camping, la fatigue du trajet en moins. Les campings familiaux y sont nombreux, du petit camping ombragé au grand domaine.
La Costa Dorada, le sable doré et les cris de joie de PortAventura
Un cran plus au sud, autour de Tarragone, le décor change. La costa daurada des Catalans porte bien son nom. Le sable fin s’étire sur des kilomètres, avec une pente très douce. Les tout-petits barbotent longtemps avant d’avoir de l’eau à la taille.
Il y a deux ans, on avait planté nos quartiers d’été près de Salou. Souvenir tenace : la platja del Miracle à Tarragone, sous l’amphithéâtre romain. Et une journée entière à PortAventura World, dont Léo parle encore. Il garde le plan du parc punaisé au mur de sa chambre. Les files d’attente passent mieux avec un cornet de churros à partager. Les grands parcs de la région sauvent les journées où le ciel se voile. Une valeur sûre pour les familles qui aiment l’animation sans chercher loin. De grands campings resort bordent aussi cette côte, entre plage et parcs.
La Costa Blanca, l’été qui s’étire jusqu’aux portes de l’automne
Autour d’Alicante, la Costa Blanca affiche les températures les plus généreuses. La saison y dure plus longtemps qu’ailleurs, jusqu’en octobre les bonnes années. Des copains de camping, fidèles d’El Campello, nous l’ont vendue, des étoiles plein les yeux. La playa del Postiguet en ville, la playa de San Juan côté châteaux de sable. La playa del Albir et ses galets blancs face aux falaises. Les flamants roses sur las Salinas de Calpe, la playa de las Marinas à Dénia. Leur fille commande « una horchata, por favor » avant même de dire bonjour, paraît-il. Sous les palmiers de la plaza de los Luceros, l’été ressemble à une carte postale. Une destination taillée pour les longs séjours au soleil.
Seul bémol, assumé : la route. Compter cinq bonnes heures depuis la frontière. On garde cette côte pour un séjour de deux semaines, pas pour un long week-end.
| Côte | Ambiance | Atout famille | Route depuis la frontière |
|---|---|---|---|
| Costa Brava | Criques et villages catalans | Camí de ronda et eau translucide | Moins d’une heure |
| Costa Dorada | Grandes plages de sable doré | Pente douce et parcs d’attractions | Environ trois heures |
| Costa Blanca | Stations animées et soleil | Saison longue, plages urbaines équipées | Cinq heures et plus |
Notre camp de base face au golfe de Roses
Pour cet été, retour sur la Costa Brava, nos premières amours. On a choisi le secteur de Sant Pere Pescador, au fond du golfe de Roses. La plage y est immense, large, bordée de dunes. L’eau monte doucement, les enfants gardent pied très longtemps. Plusieurs campings de plein air se sont installés le long de ce littoral. Trouver un camping les pieds dans l’eau y est presque une formalité.
L’Amfora, des emplacements qui ouvrent sur les dunes
Tom avait repéré l’Amfora, un camping en Espagne posé juste au sud du Fluvià. Le domaine longe la plage sur douze hectares plats et verdoyants. L’accès direct au sable se fait à pied, sans une seule route à traverser. Un camping quatre étoiles resté familial, trois générations aux commandes depuis 1986. L’espace aquatique aligne quatre bassins et cinq toboggans, à deux pas du restaurant central. Inès a adoré le mini-club, ouvert aux enfants de 4 à 12 ans. Léo a préféré les toboggans, chronométrés avec un copain néerlandais. La gamme Especial des locatifs va jusqu’à s’adapter aux personnes à mobilité réduite. Le domaine affiche aussi des labels éco européens pour sa gestion de l’environnement.
Notre voisine d’emplacement, une habituée depuis vingt ans, nous a glissé sa formule. « El camping más bonito de la costa. » On n’a pas trouvé d’argument contre.
Kitesurf, flamants roses et balade jusqu’à Sant Martí d’Empúries
La grande plage attire les passionnés de glisse, kitesurf en tête. Les voiles colorées ont hypnotisé Inès pendant des heures. Des écoles de voile initient à la navigation dans la baie. Juste derrière les dunes commence le parc natural dels Aiguamolls de l’Empordà. Cette zone de protection abrite cigognes et flamants roses, observés depuis des affûts. Léo a tenu le carnet des espèces, très sérieux dans sa mission.
Vers le sud, une balade le long du sable mène à un village médiéval minuscule. Église face à la mer, ruelles ombragées, terrasses où grignoter des tapas. On a poussé jusqu’aux ruines gréco-romaines d’Empúries, en longeant la côte. Au retour, on a rapporté des anchois de L’Escala, le trésor local. Le pique-nique du lendemain a fait des jaloux sur la plage. Le camping reste à portée de serviette, tout se fait à pied.
Cadaqués, Gérone, Barcelone : nos échappées d’une journée
Camper au bord de l’eau n’empêche pas de bouger. Trois échappées ont rythmé notre semaine, entre villages blancs et grandes villes.
Le cap de Creus et les villages accrochés à la mer
Cadaqués d’abord, au bout d’une route en lacets qui a barbouillé Inès. Récompense immédiate : des maisons blanches et des barques bleues tirées sur les galets. Cette lumière a rendu fous des générations de peintres, on comprend mieux sur place. Le Parc Natural del Cap de Creus commence juste au-dessus du village. Paysages minéraux, criques secrètes, sentiers qui sentent la ciste et le sel. Sur le retour, arrêt à El Port de la Selva, port tranquille face au couchant.
Plus au sud, Tossa de Mar et Lloret de Mar promettent plages et soirées animées. La corniche de Sant Feliu à Tossa de Mar vaut le voyage. La Cala del Pi reste sur notre liste d’envies. La Costa Brava se déguste par petits bouts, une crique à la fois.
Une journée à Gérone, une autre à Barcelone
Gérone se visite en une journée depuis le golfe de Roses. La vieille ville médiévale a happé Léo, entre cathédrale et ruelles du quartier juif. Les maisons colorées au bord de l’Onyar valent la carte postale. On a grimpé les marches de la cathédrale en comptant, quatre-vingt-dix au total. Inès a préféré compter les mouches en bronze, l’emblème local des boutiques.
Barcelone demande à peine plus de route, environ une heure et demie. On a marché de la Sagrada Família au port, en s’arrêtant partout. La passerelle de la Rambla del Mar nous a menés au milieu des voiliers. Une glace face aux mâts, puis retour au camping pour le bain du soir.
Tente, mobil-home ou bungalow : chacun son cocon
Le mot camping recouvre des réalités très différentes selon les familles. On a longtemps hésité entre trois formules, chacune avec ses vrais arguments.
L’emplacement nu reste la solution la plus économique, tente, caravane ou camping-car. On apporte son matériel, on profite des services du domaine. Les grandes parcelles herbeuses de la côte catalane s’y prêtent bien. C’est l’école du plein air, celle des réveils au chant des tourterelles.
Le mobil-home a gagné la partie chez nous, sans long débat. Deux étés en tente nous avaient servi d’expérience grandeur nature. Chambres séparées, cuisine équipée, vraie salle d’eau et terrasse ombragée. On y retrouve le confort d’une maison de vacances, en version pieds nus. Les modèles récents sont climatisés, un vrai plus pour les nuits d’août. Certains locatifs haut de gamme ajoutent même une suite parentale.
Les bungalows en dur séduisent ceux qui cherchent un cadre plus cossu. Un bungalow bien placé dans le camping se réserve tôt, surtout côté mer. Avant de signer, quelques vérifications nous ont évité des déconvenues :
- Les conditions d’annulation, à lire avant de verser le moindre acompte.
- La distance réelle entre le logement et le sable, parfois plusieurs centaines de mètres.
- La capacité de couchage exacte, selon le nombre de personnes du séjour.
- La climatisation et la terrasse couverte, précieuses au cœur de l’été.
Toboggans le matin, mini-club l’après-midi : les services qui départagent
À niveau égal, les services font la différence entre deux campings. Chaque domaine met ses équipements en avant, à trier selon les âges. Les piscines d’abord. Beaucoup de campings alignent un vrai parc aquatique, pataugeoire comprise. Certains bassins couverts et chauffés sauvent les baignades de juin et de septembre. Dans un grand camping resort, des familles venues de toute l’Europe se croisent aux toboggans. Les enfants classent leurs expériences au nombre de descentes, méthode Léo.
Le club enfants ensuite. Inès y a fabriqué un cerf-volant et appris trois mots de catalan. Pendant ce temps, les parents soufflent, livre à la main. Les ados filent au terrain de sport ou aux tournois du soir. Un bon camping sait occuper chaque tranche d’âge sans épuiser les parents. Les plus petits profitent des aires de jeux, sous l’œil des parents. Certains domaines ajoutent un espace spa et une salle de fitness. Un massage pendant la sieste des enfants, l’idée a fait sourire tout le monde. Le spa reste un luxe agréable, pas un critère obligatoire.
Côté quotidien, une supérette et un restaurant sur place changent la vie. Le wifi se vérifie avant de réserver, comme l’accueil des chiens. Le niveau de service se lit aussi dans l’entretien des sanitaires. En haute saison, des maîtres-nageurs surveillent souvent les bassins, parfois la plage. La sécurité des baignades reste notre premier critère avec des enfants.
Réserver malin : notre méthode après trois étés espagnols
Le classement en étoiles donne un premier repère fiable. Trois étoiles couvrent l’essentiel pour des vacances réussies. Quatre ou cinq étoiles rapprochent le camping d’un vrai resort. Piscines paysagées, animations soignées et hébergements haut de gamme au programme. Reste à choisir l’ambiance, familiale et animée ou calme et nature. Les petits campings cultivent la convivialité, les grands resorts multiplient les activités. L’expérience nous a appris à lire entre les lignes des annonces.
Les avis en ligne sont devenus notre réflexe avant chaque réservation. Les photos des vacanciers en disent long sur la propreté et l’entretien. On croise plusieurs sources, puis on fait notre sélection en deux soirées. Un camping recommandé par des centaines de familles pèse plus qu’une brochure. On regarde aussi la date des avis, un domaine peut changer de mains. Trois retours récents valent mieux que cent messages trop anciens.
Pour les dates, viser la fin juin ou la première quinzaine de septembre. L’eau reste chaude, les plages respirent, les tarifs redescendent. Juillet et août concentrent la demande, surtout pour les locatifs face à la mer. Sur la Costa Brava, les campings les plus demandés affichent complet tôt. Mieux vaut réserver dès le printemps, en direct auprès du camping. Réserver en ligne reste simple, avec une annulation gratuite en filet de secours. Ce petit détail a sauvé nos vacances une année de bras cassé.
Camping en Espagne au bord de mer : les questions qu’on nous pose
Quelle période pour profiter de la mer sans la foule ?
La fin juin et la première quinzaine de septembre gagnent haut la main. L’eau reste chaude, les plages se vident, les tarifs redescendent. Juillet et août restent envisageables en réservant très tôt.
Quelle côte privilégier avec des enfants en bas âge ?
La Costa Dorada rassure avec ses pentes très douces. Un camping avec accès direct à une plage en pente douce simplifie tout. Le golfe de Roses offre aussi une eau très peu profonde.
Combien de temps de route depuis la frontière française ?
Compter moins d’une heure pour les premières stations de la Costa Brava. Environ trois heures pour la Costa Dorada autour de Tarragone. Cinq heures et plus pour rejoindre la Costa Blanca.
Tente ou location pour une première fois en camping ?
La location simplifie tout avec de jeunes enfants, literie et cuisine comprises. L’emplacement nu séduit les campeurs équipés et les budgets serrés. Un premier essai en location évite bien des surprises.
Les chiens sont-ils admis dans les campings espagnols ?
Beaucoup de domaines les acceptent, avec des règles propres à chacun. Certaines zones restent interdites, comme les piscines ou des plages surveillées. Mieux vaut confirmer les conditions au moment de la réservation.