Son nom dit tout : forteresse de la mer sur le golfe. Castellammare del Golfo concentre sur quelques kilomètres de côte nord-ouest sicilienne ce qu’on cherche en famille depuis des années. Un château arabo-normand qui tient les enfants en haleine, un port de pêche aux façades ocre et rose, des plages de sable fin, des criques sauvages à couper le souffle, une réserve naturelle et des sites antiques à portée de route. Du médiéval au balnéaire, du village de pêcheurs au sentier de randonnée : la densité est rare pour une famille qui veut tout sans se disperser. Ce sont nos 6 lieux préférés autour de Castellammare del Golfo, en Sicile.
Pour les parents pressés
- Le château arabo-normand, quatre musées dans une forteresse face à la mer.
- Le port de Castellammare, les pêcheurs au quai dès l’aube.
- La Playa, la plage calme sans courant pour les petits.
- La baie de Guidaloca à Scopello, les Faraglioni dans les eaux cristallines.
- Le site de Ségeste, un temple dorique intact à vingt minutes de route.
Le château arabo-normand, quand l’histoire sicilienne tient dans une tour
On est arrivés devant le château à l’ouverture, vers 10h, le soleil déjà haut sur la rade. L’éperon rocheux plonge directement dans la mer : impossible de rater la silhouette de la tour depuis le quai. Les Arabes ont bâti cette forteresse au Xe siècle, et en posant la main sur la pierre, on sent que les murs ont absorbé dix siècles de vents et de guerres méditerranéennes. Léo a repéré la porte gothique avant même qu’on lui signale.
L’escalier en colimaçon qui monte à la tour d’artillerie est étroit, les marches usées penchent légèrement vers l’intérieur. En haut, on embrasse l’anse dans sa totalité et on comprend pourquoi les Arabes nommaient la cité Al Madarig, « les escaliers ». Les quatre musées permanents de la Mémoire de la Méditerranée occupent les salles intérieures : travail maritime, moulins et irrigation, archéologie, Madonna del Soccorso. Le musée du travail maritime retient les enfants : filets, outils et maquettes de bateaux siciliens racontent l’histoire du lieu sans un mot.
Le port de Castellammare del Golfo, là où la ville sent encore le large
On s’est levés tôt pour attraper les pêcheurs au débarquement. À cette heure-là, le quai est encore à eux : les barques bleues et rouges oscillent doucement, les filets s’étalent en tas mouillés, et l’odeur de la mer colle aux mains avant même qu’on approche. Les façades ocre, jaune et rose qui encadrent la marina donnent l’impression d’un décor peint, mais les caisses de pêche, elles, sont bien réelles. Léo a compté les espèces sans qu’on lui demande.
Ce quai a longtemps vécu de la tonnara, la grande pêche au thon qui a fait la richesse de toute la côte nord-ouest de l’île. La tradition a disparu, mais l’énergie de Castellammare del Golfo comme lieu de travail est restée intacte. Des excursions en bateau partent d’ici longer la côte vers les Faraglioni et la réserve naturelle de Scopello : c’est la meilleure vue sur ces rochers et ces anses, sans marcher. On n’a pas réservé sur place, les bateaux partent selon la météo et la demande.
La Playa di Castellammare del Golfo, la plage tranquille qui convient aux petits
On a posé les serviettes à La Playa en début d’après-midi, quand le sol brûlait encore sous les pieds. La plage s’étire à l’est du centre-ville, large et sans surprise : un fond de grains clairs, une mer plate, zéro courant. Inès est entrée dans l’eau jusqu’à la taille sans que personne ne retienne son souffle. C’est exactement ce qu’on cherchait après deux jours à grimper des ruelles. On a loué deux transats et un parasol côté payant, à vérifier sur place selon la saison. La zone gratuite juste à côté fonctionne très bien aussi, avec une grande serviette et un peu de patience. Parmi les plages de la région, celle-ci n’est pas la plus spectaculaire, et le littoral y est moins saisissant qu’à Guidaloca. Mais pour une famille avec de jeunes enfants, l’absence de vagues et de dénivelés dans le bain change la donne. En fin d’après-midi, on a remonté à pied jusqu’au bourg pour un granité au citron.
La baie de Guidaloca à Scopello, la crique qu’on n’oublie pas
On avait garé la voiture de bonne heure, avant que le parking de Guidaloca soit plein, dès neuf heures les dernières places disparaissaient. La descente vers la crique prend quelques minutes à pied, et quand les rochers s’écartent sur cette étendue-là, on comprend pourquoi tout le monde se lève tôt. La mer vire du vert au bleu selon la profondeur, avec une transparence qui rend le fond visible à trois mètres. C’est une cala encaissée, sauvage, sans aménagement. Rien à voir avec La Playa et son rivage bien peigné.
Depuis la crique, les Faraglioni de Scopello se découpent sur la mer comme des dents. Un peu plus loin, la Tonnara se laisse deviner, ses vieux bâtiments serrés au bord de l’eau. Ce coin concentre parmi les plus belles calanques de toute la Sicile du nord dans un seul cadre, et ce cadre reste collé dans la tête longtemps après avoir quitté Castellammare del Golfo. En haute saison, arriver à l’ouverture reste la seule façon de poser sa serviette sans se battre.
La réserve naturelle du Zingaro, entre sentiers et criques turquoise
On a garé la voiture à l’entrée sud, à un kilomètre de Scopello. Vingt minutes de balade sur un sentier pierreux, et la Cala Capreria s’est ouverte sous nos pieds : une étendue bleu-vert presque irréelle, encadrée de falaises blanches. Pour 5 euros par adulte, on a eu accès à l’une des plus belles baies de Sicile. Léo avait mis ses chaussures de rando sans qu’on insiste, ce qui était bien, parce que le sol de la réserve est une succession de cailloux tranchants et de racines.
Le Zingaro longe 7 km de côte entre le village de pêcheurs et San Vito Lo Capo, sur 1 700 hectares préservés. Pas de bitume, pas de boutique à l’intérieur. On avait emporté deux litres par personne et c’était juste. Un point décisif avant de planifier cette étape : la réserve a subi un incendie à l’été 2025, et en 2026 seuls certains sentiers sont accessibles depuis mars.
- Apporter suffisamment à boire : aucun ravitaillement ni fontaine à l’intérieur.
- Chaussures de marche fermées obligatoires sur les sentiers, sans exception.
- Vérifier l’état d’ouverture avant de se mettre en route : l’accès à San Vito Lo Capo depuis la réserve reste limité suite à l’incendie.
Le site de Ségeste, quand l’Antiquité surgit au détour d’une colline
On a pris la voiture un matin, vingt minutes depuis Castellammare, et le temple de Ségeste est apparu d’un coup au virage. Pas de ville autour, pas de panneau tape-à-l’œil : juste trente-six colonnes doriques debout dans l’herbe, face au paysage de collines du nord-ouest de la Sicile. Léo a levé la tête pour mesurer la hauteur d’une colonne. Il a renoncé assez vite.
Ce que peu de gens savent, c’est que Castellammare del Golfo était l’embarcadère de Ségeste. Ce lien change tout : on ne visite plus un endroit isolé, on remonte à l’histoire de la ville où on dormait. Le temple est ancien, Ve siècle avant J.-C., et n’a jamais été achevé : les colonnes n’ont pas de cannelures, le toit n’a jamais existé. Ce détail a intrigué Léo bien plus que les chiffres.
Le théâtre grec est plus haut sur la colline. Une navette part du bas, ce qui évite une montée raide avec des enfants. Depuis les gradins, la vue porte jusqu’à la mer par temps clair.
Notre retour sur Castellammare del Golfo
Nos lieux phares : Le château, Guidaloca et Ségeste ont rythmé notre séjour.
Les grands moments : La montée à la tour d’artillerie avec la vue sur tout le golfe.
Pause détente : Les matins sur la Playa, mer plate et sable fin sous les pieds.
Notre astuce : Arriver à Guidaloca avant 9h : le parking se remplit très vite.
Coup de cœur de la famille : Le théâtre grec de Ségeste perché sur la colline (Tom), la tour d’artillerie du château (Léo), les Faraglioni vus depuis Guidaloca (Inès), le marché du port au petit matin (Claire).
Ce qu’on aurait aimé savoir avant de partir à Castellammare del Golfo
Quelle est la meilleure période pour visiter Castellammare del Golfo en famille ?
Juin et septembre sont idéaux : la mer est chaude, les plages moins saturées qu’en août. Fin septembre reste particulièrement agréable, presque sans foule. Mai convient aussi pour les excursions à Ségeste et dans la réserve du Zingaro.
La réserve du Zingaro est-elle ouverte en 2026 après l’incendie de 2025 ?
Une réouverture progressive a débuté en mars 2026, mais certains sentiers restent fermés suite à l’incendie de l’été 2025. Il faut vérifier l’accès sur le site officiel avant de partir et prévoir de l’eau, aucun point de ravitaillement n’existe à l’intérieur.
Peut-on visiter Castellammare del Golfo sans voiture de location ?
La ville elle-même se visite à pied. Un bus relie Castellammare à San Vito Lo Capo. Mais pour Scopello, Guidaloca, Ségeste et la réserve du Zingaro, la voiture de location reste indispensable : les transports en commun n’y sont pas adaptés aux familles.
Quelles sont les meilleures plages autour de Castellammare del Golfo pour les enfants en bas âge ?
La Playa di Castellammare del Golfo est la plus rassurante : sable fin, mer calme sans courant, zones avec transats en location. Pour les familles avec tout-petits, c’est le choix le plus sécurisé. Guidaloca est magnifique mais rocheuse à l’entrée de l’eau.
Combien de temps faut-il pour aller de l’aéroport de Palerme à Castellammare del Golfo ?
Environ 30 minutes en voiture depuis l’aéroport de Palerme, ce qui en fait une première étape idéale à l’arrivée. En train, la gare de Castellammare est à 3 km du centre et les correspondances depuis Palerme prennent environ une heure avec les arrêts.