Majorque en famille, nos 20 endroits préférés

Majorque en famille, nos 20 endroits préférés

Majorque, la plus grande île des Baléares, cumule tout ce qu’une famille peut chercher en une seule destination. Des plages de sable blanc aux criques turquoise, des villages médiévaux perchés aux montagnes classées UNESCO, l’île change de visage toutes les demi-heures de route. On y trouve des eaux peu profondes pour les petits nageurs, des calas sauvages pour les parents marcheurs, une capitale vivante, un train centenaire qui traverse les orangers et des grottes souterraines qui laissent sans voix. En moins de deux heures de vol depuis la France, Majorque en famille offre une diversité de paysages qu’on mettrait une semaine à trouver sur le continent. Ce sont nos 20 lieux préférés, choisis pour leur accessibilité, leur intérêt pour les enfants et leur capacité à surprendre les adultes.

Pour les parents pressés

  1. La plage d’Alcúdia, le sable fin parfait pour les petits nageurs.
  2. Les Grottes du Drach, un concert sur lac souterrain à 18°C.
  3. Le train de Sóller, un siècle d’histoire à travers les orangers.
  4. Cala Mondragó, une double crique sauvage au fond sableux turquoise.
  5. L’Aquarium de Palma, le tunnel sous-marin le plus profond d’Europe.

Palma de Majorque, la capitale qui tient ses promesses aux enfants

On a posé les valises à Palma de Majorque un matin de bonne heure, et la façade gothique de la cathédrale La Seu était encore dans l’ombre froide des remparts. La lumière a glissé dessus vers 8h. Les pierres sont passées du gris au miel en dix minutes. On n’a pas bougé.

Derrière la cathédrale, les ruelles descendent vers des patios de palais qu’on ne cherche pas vraiment. On tombe dessus. La pierre garde la fraîcheur jusqu’à 11h, ce qui change tout quand la chaleur commence à peser. Léo a repéré une porte entrouverte sur un patio et a voulu noter l’adresse dans son carnet, comme si c’était une piste.

Cette ville absorbe une journée entière sans forcer. C’est aussi notre plan de repli quand le ciel se couvre ou que la chaleur rend la plage difficile. Pour 2 euros par personne en bus depuis le centre, Palma de Majorque est là, à vingt minutes, sans voiture. Ce n’est pas juste la porte d’entrée de l’île : c’est une destination à part entière, et les enfants ne s’y ennuient pas.

Palma de Majorque, la capitale qui tient ses promesses aux enfants

L’Aquarium de Palma, quand les requins font oublier la chaleur dehors

Le tunnel de l’aquarium de Palma, c’est le genre d’endroit où les enfants s’arrêtent net. Les requins passent au-dessus de la tête, les nageoires à quelques centimètres du plexiglas. Léo a levé les yeux sans bouger pendant une bonne minute. Le bassin « Le Big Blue » fait 3,5 millions de litres et 8,5 mètres de profondeur, le plus profond d’Europe. On le sent, cette masse d’eau au-dessus de soi.

Pour les petits, les bassins tactiles changent tout. Inès a fini avec les mains qui sentaient l’iode jusqu’au soir. Les 55 aquariums s’enchaînent sans qu’on voie le temps passer, et la climatisation fait le reste quand il fait 35 degrés dehors.

Côté budget, le billet coupe-file acheté en ligne revient à 30,2 € par adulte et 20,5 € par enfant, contre 34 € au guichet pour les adultes, soit 10 à 15 % d’économie, et surtout zéro queue en plein été (jusqu’à 45 minutes sans). Les moins de 3 ans entrent gratuitement à l’aquarium de Palma. Les panneaux sont en espagnol, catalan, anglais et allemand. Pour le français, il faut télécharger l’application mobile officielle avant d’entrer.

L'Aquarium de Palma, quand les requins font oublier la chaleur dehors

La plage d’Alcúdia, le sable fin qui convient à tout le monde

Tom est parti avec son appareil photo avant que les enfants se réveillent. Il a rapporté des images de la plage d’Alcúdia encore vide, le sable presque orange dans la lumière rasante. C’est ce genre de détail qui dit tout sur l’endroit : une plage qu’on peut avoir pour soi, au moins une heure. La pente est si douce qu’Inès et Léo ont marché jusqu’aux genoux sans s’en rendre compte.

Pour 18,20 € la journée, on avait deux transats et un parasol installés, les pieds dans le sable fin. La plage est équipée, avec sanitaires et postes de secours visibles. En mai-juin, les familles ne s’y entassent pas encore : on trouve de la place, les marchands ambulants sont moins insistants, et la mer reste d’un bleu qui mérite le déplacement. En juillet-août, c’est une autre histoire.

Alcúdia est une bonne base pour le nord de l’île. La vieille ville médiévale est à dix minutes à pied, avec ses remparts et son marché du dimanche. La navette pour Formentor part du port tout proche, ce qui évite la galère de voiture en haute saison. Pour les familles qui veulent combiner plage et découverte sans changer d’hôtel, c’est l’une des meilleures options du nord.

La plage d'Alcúdia, le sable fin qui convient à tout le monde

La vieille ville d’Alcúdia, les remparts qui transforment la balade en aventure

Léo a grimpé sur le chemin de ronde des remparts et n’en est plus redescendu pendant vingt minutes. Il défendait quelque chose, on ne sait pas trop quoi, mais les pavés sous ses pieds et les créneaux à hauteur d’épaule suffisaient à alimenter l’histoire. Les remparts d’Alcúdia sont intacts, praticables, et l’accès est libre : c’est le genre de détail qui change tout quand on voyage avec un enfant de cet âge.

La vieille ville se parcourt entièrement à pied depuis le port, sans voiture. Les ruelles sont étroites et ombragées, les placettes arrivent au bon moment. On s’est arrêtés sur l’une d’elles pour une glace, le temps qu’Inès finisse son tour de fontaine. Le marché du mardi et du dimanche envahit les abords des remparts : produits locaux, artisanat, quelques étals de fruits. Pas un marché pour touristes, un vrai marché de village.

À deux pas, le site archéologique de Pollentia mérite le détour. C’est le site romain le plus important de Majorque, et une demi-heure suffit pour en faire le tour avec des enfants curieux. Alcúdia reste l’un des villages du nord où la visite tient sur une matinée sans forcer.

La vieille ville d'Alcúdia, les remparts qui transforment la balade en aventure

La Playa de Muro, la plage la plus calme du nord de l’île

On est arrivés à la Playa de Muro un matin de bonne heure, avant que le soleil soit haut. Le sable était presque vide. Pas de parasols en rangs serrés, pas de musique qui sort d’une buvette. Juste cette grande bande de sable blanc qui file vers le nord, dans la continuité directe des plages d’Alcúdia. La mer est si peu profonde qu’on marche longtemps avant d’avoir de l’eau aux hanches : idéal pour les petits qui veulent patauger sans surveillance rapprochée.

Derrière la plage, la réserve naturelle de S’Albufera commence presque sans prévenir. Inès a repéré des flamants roses depuis le bord, côté lagune, sans même quitter le sable. Une promenade courte longe la réserve, praticable en famille, avec des panneaux sur les oiseaux nicheurs. Ce parc naturel est l’un des rares espaces humides de Méditerranée de cette taille : la végétation change, l’air est différent, les bruits aussi.

Par rapport à la plage d’Alcúdia, la Playa de Muro est nettement moins fréquentée en été. L’eau y est aussi claire, le sable aussi propre, les équipements similaires. C’est le genre d’endroit où on finit par rester toute la journée sans l’avoir prévu.

La Playa de Muro, la plage la plus calme du nord de l'île

Le Cap de Formentor, les falaises qui coupent le souffle à l’aube

Tom a posé son appareil photo sur le rebord de la rambarde et n’a plus bougé pendant dix minutes. Les falaises du cap de Formentor plongent de plus de deux cents mètres dans une mer d’un bleu presque irréel. Léo cherchait le fond depuis les hauteurs, les yeux plissés, persuadé de distinguer des rochers sous la surface. Il ne voyait que du turquoise. C’est exactement ça, Formentor : une vue qui désarme les grands et les petits pareil.

La navette du matin depuis Alcúdia, c’est la bonne décision. En haute saison, l’accès en voiture est régulé dans ce nord-est de l’île, et la navette n’est pas une contrainte : c’est presque un sas. On monte dans le car encore à moitié endormi, on longe la côte dans la lumière rasante, et on arrive au phare avant la foule. Les photos de Tom sans un seul touriste dans le cadre, c’est grâce à ça. Sur le trajet retour, la plage de Formentor s’offre comme une pause baignade naturelle : mer calme, sable fin, une halte parfaite avant de reprendre la navette.

Le Cap de Formentor, les falaises qui coupent le souffle à l'aube

Le train de Sóller, un siècle de ferraille et d’orangers pour toute la famille

On est montés à bord à Palma un matin, sans trop savoir à quoi s’attendre. Le train est en bois verni, les fenêtres s’ouvrent à la main, et ça sent le vieux métal chaud. Dès le premier tunnel, les enfants ont plaqué le nez contre la vitre. Il y en a treize sur les 27 kilomètres de voie, et chaque sortie révèle un bout de Tramuntana qu’on n’avait pas vu venir. La vallée d’orangers s’ouvre d’un coup après le dernier tunnel : c’est le genre de paysage qui fait lâcher le téléphone.

Le ticket combiné train et tramway jusqu’au port de Sóller coûte entre 35 et 40 euros par personne, soit plus de 140 euros aller-retour pour nous quatre. La question se pose. La réponse, c’est oui, parce qu’une heure dans ce train n’a rien à voir avec un trajet en bus. À Sóller, la gare date de 1606 et accroche des œuvres originales de Miró et Picasso sur ses murs, ce que Léo n’avait pas du tout anticipé. Le tramway prolonge ensuite le voyage sur 5 km jusqu’au port de Sóller, le long des orangers, à vitesse de promenade.

Le train de Sóller, un siècle de ferraille et d'orangers pour toute la famille

Sóller et sa vallée, le village qui sent l’orange et le modernisme

On a posé nos affaires sur la placette de Sóller un matin de semaine, et c’est là que Tom a sorti l’appareil photo sans qu’on lui demande. Les façades modernistes autour de la place Sant Bartomeu ont ce truc inattendu : on ne s’attend pas à trouver de l’Art nouveau dans un village encaissé entre les montagnes, et pourtant. Les enfants ont filé vers la fontaine pendant qu’on commandait une horchata fraîche en terrasse. Le verre était glacé, les orangers tout autour sentaient encore le matin.

Depuis Sóller, Fornalutx est à quelques minutes en voiture ou à pied par un sentier qui monte dans les vergers. Le village perché aligne ses ruelles en pierre et ses géraniums aux fenêtres, et on comprend vite pourquoi il figure parmi les plus beaux villages d’Espagne. Inès a ramassé un caillou orange sur le chemin du retour, convaincue que c’était un trésor de pirate.

Sóller fonctionne aussi comme point de départ pour explorer tout l’ouest de l’île. Deià et Valldemossa sont proches, et les paysages de la Serra de Tramuntana changent à chaque virage. Pour qui veut des montagnes loin des plages bondées, cette vallée est une bonne base.

Sóller et sa vallée, le village qui sent l'orange et le modernisme

Valldemossa, le village perché qui fait l’effet d’un décor de film

La route depuis Palma vers Valldemossa prend à peine vingt minutes, mais on change complètement de monde. Les 17 kilomètres à travers la Tramuntana montent en lacets serrés entre oliviers et pinèdes. Les paysages défilaient par la vitre, et on a compris que la route était déjà le spectacle.

L’endroit est petit, et c’est exactement ce qu’on cherchait. Deux heures suffisent pour en parcourir les ruelles pavées avec les gamins. En plein été, la fraîcheur surprend : l’altitude fait son travail, et on regrette de ne pas avoir pris un gilet. Les fleurs débordent des fenêtres, les portes sont peintes en bleu, et Tom a terminé avec une centaine de photos sans avoir bougé de trois rues. Léo cherchait les chats dans chaque recoin, et il en a trouvé.

La Real Cartuja mérite un arrêt. Les vues sur la Serra de Tramuntana depuis ses terrasses expliquent pourquoi ce coin de l’ouest de Majorque attire autant. À 5 kilomètres sur la route côtière, Deià complète bien la journée : ces deux bourgs se découvrent dans la même sortie sans se presser.

Valldemossa, le village perché qui fait l'effet d'un décor de film

Pollença, le marché du dimanche et les 365 marches qui valent l’effort

On est arrivés à Pollença un dimanche matin, presque par hasard. La place principale était envahie de stands, d’odeurs d’amandes grillées et de gens du coin qui prenaient leur café sans se presser. Le marché déborde sur les ruelles adjacentes : tissus, céramiques, légumes, savons. On a tourné une bonne heure avant de lever les yeux vers l’escalier du Calvaire, ces 365 marches qui grimpent droit vers une chapelle blanche. Léo a commencé à compter à voix haute dès la première marche. Il a tenu jusqu’à 247 avant de perdre le fil. En haut, les toits ocre s’étalent sous les pieds, et la mer apparaît au loin comme une ligne bleue posée entre les collines. Les marches sont inégales et usées : on s’accroche à la rampe sur la fin.

La baie de Pollença est à deux pas. Les eaux y sont calmes et peu profondes, sans la houle des côtes exposées. L’endroit se trouve dans le nord de l’île, à dix minutes d’Alcúdia, et les deux bourgs se combinent facilement dans une même journée : marché et escalier le matin, baignade l’après-midi.

Pollença, le marché du dimanche et les 365 marches qui valent l'effort

Les Grottes du Drach, le lac souterrain qui laisse sans voix

On a roulé jusqu’à l’est de l’île un matin de journée chargée, et les grottes nous ont accueillis à 18°C pile. Après des jours de soleil à 32°C, descendre dans ce silence frais, c’était presque physique. La visite guidée dure environ une heure, escaliers compris, et elle se termine par quelque chose qu’on n’attendait pas : des musiciens sur des barques, au milieu du lac souterrain, qui jouent de la musique classique dans le noir. Avant qu’ils commencent, il y a eu quelques secondes de silence absolu. Léo a retenu son souffle. Inès aussi, les deux mains sur les genoux.

Le lac en lui-même est l’un des plus grands lacs souterrains d’Europe, et sa surface noire reflète les stalactites avec une précision troublante. L’accès se fait uniquement en circuit guidé, avec des escaliers à plusieurs endroits : impossible avec une poussette. Pour les parents d’un tout-petit, le porte-bébé sera bien plus adapté. Pour les nôtres, voir ça depuis les passerelles, c’était suffisant pour rester silencieux jusqu’à la sortie. L’entrée adulte tourne autour de 15 €, à vérifier sur le site officiel avant de partir.

Les Grottes du Drach, le lac souterrain qui laisse sans voix

Cala Mondragó, la double crique du sud-est pour les familles qui marchent

On a débouché sur la deuxième petite crique après quinze minutes dans les pins. Le sentier est ombragé, plat, et Inès l’a fait sans se plaindre une seule fois. La deuxième crique était deux fois moins fréquentée que la première : les familles s’arrêtent souvent à l’entrée et ne poussent pas plus loin. On a trouvé une place au sable sans chercher.

Le fond est sableux jusqu’assez loin, l’eau garde cette couleur turquoise qu’on attendait depuis Paris. Léo et Inès ont passé une heure à soulever des rochers sur les côtés pour chercher des crabes et en ont trouvé trois petits. C’est une réserve naturelle : pas de parasols à louer, pas de paillotes, pas de construction en vue. Il faut apporter son matériel, tapis, parasol, de quoi boire, le tout.

Le classement en réserve a bloqué tout développement. La crique reste une crique, pas un complexe balnéaire déguisé. Pour les familles qui aiment marcher un peu pour mériter leur coin de sable, c’est l’une des plus belles du sud de l’île.

Cala Mondragó, la double crique du sud-est pour les familles qui marchent

Cala Agulla, la grande crique sauvage du nord-est qui surprend

Tom a repéré la ligne de pins depuis le parking, avant même qu’on touche le sable. Il a sorti l’appareil photo sur-le-champ. Les pins descendent presque jusqu’au rivage, et la lumière du matin les traverse de biais : le genre de cadre qui justifie un objectif grand angle. Pendant qu’il cherchait son angle, Léo et Inès avaient déjà disparu sous les arbres pour construire un fort avec les branches mortes.

Cette crique du nord-est reste plus accessible que les plages bondées de juillet-août parce qu’elle est étendue. Assez étendue pour absorber la foule sans qu’on se marche dessus. L’eau est claire, le fond sableux, et on peut s’éloigner du rivage sans perdre pied sur des dizaines de mètres. La surface garde cette couleur bleu-vert qu’on cherche partout sur l’île.

Cala Torta se rejoint depuis là, à pied sur un sentier ou en prenant une petite piste. C’est encore plus sauvage, sans aucun équipement. Si Cala Agulla semble trop fréquentée un jour de plein été, l’autre est la réponse : on y croise surtout des gens qui savent qu’elle existe.

Cala Agulla, la grande crique sauvage du nord-est qui surprend

Es Trenc, la plage sauvage du sud qui mérite le réveil matinal

On a garé la voiture au parking payant en bord de piste, traversé quelques centaines de mètres de pinède, et là, le sable blanc a commencé. Pas de béton, pas de paillotes, pas une construction à l’horizon. Juste le sable fin du sud de l’île qui s’étire sur des kilomètres, et une eau turquoise si claire qu’on voyait le fond à deux mètres. Léo était dedans avant même qu’on ait étalé la serviette. Inès a suivi trente secondes après.

En juillet-août, Es Trenc est l’une des plages les plus fréquentées des Baléares. Arriver avant 9h change tout : le parking est encore accessible et on choisit sa place sur le sable. Passé 10h, les belles lignes de rivage se remplissent vite. La voiture est indispensable, les transports en commun ne desservent pas ce coin du sud.

Ce qui fait la différence ici, c’est l’absence totale de construction sur le front de mer. L’étendue reste propre, le sable reste blanc, et on entend les vagues. Le réveil à 7h30 en vacances, on ronchonne. Devant ce paysage-là, on se dit qu’on referait pareil demain.

Es Trenc, la plage sauvage du sud qui mérite le réveil matinal

Caló des Moro, le spot instagrammé du sud à visiter avant tout le monde

On était garés à 7h45, dans le noir presque complet du chemin de terre. La crique s’est révélée au bout du sentier : l’eau turquoise encaissée entre deux falaises calcaires blanches, le genre de cadre qui fait taire tout le monde. On a eu vingt minutes sans personne d’autre. Inès ramassait des cailloux au bord. Puis le premier groupe est arrivé, puis les selfie-sticks.

Caló des Moro est une petite crique du sud qui sature dès 10h en été : parking limité à quelques centaines de mètres, accès uniquement à pied, foule dense dès la mi-matinée. Arriver avant 8h, c’est la seule façon de voir ce que les photos montrent. La lumière rasante sur les falaises et la surface d’un bleu presque irréel valent le réveil brutal.

Pour une journée entière de baignade avec les petits, les calas du secteur nord-est restent plus adaptées. Cala Agulla, Cala Torta : plus d’espace, un fond sableux, pas besoin de chronomètre. Caló des Moro, c’est un spot à faire une fois, tôt, pour la photo et le silence du matin.

Caló des Moro, le spot instagrammé du sud à visiter avant tout le monde

L’Hidropark d’Alcúdia, la journée aquatique sans se fatiguer les jambes

On a posé les serviettes vers 10h, et les petits ont disparu dans la direction des toboggans. Léo a enchaîné les glissades les plus hautes pendant qu’Inès s’est installée dans les bassins peu profonds, là où le niveau arrive à mi-cuisse. Tom et moi, on a récupéré à l’ombre pendant deux bonnes heures. C’est exactement le format qu’on cherchait : les enfants autonomes sur les toboggans, les adultes qui soufflent sans surveiller en permanence. L’Hidropark est le parc aquatique le plus accessible depuis la base nord de Majorque, à Alcúdia ou Port d’Alcúdia. Pour une journée complète, c’est l’endroit idéal pour ces activités aquatiques sans reprendre le chemin de la route.

Le prix d’entrée tourne autour de 25 à 30 euros par adulte, moins pour les petits. Pour quatre, on a dépassé les 80 euros, ce qui reste dans notre budget habituel pour une sortie avec activité payante à Majorque. Si on loge ailleurs sur l’île, les options ne manquent pas : le Western Water Park à Magaluf et Aqualand El Arenal couvrent le sud et l’ouest, Marineland à Costa d’en Blanes ajoute une dimension marine. Chaque secteur a son parc, pratique pour organiser le séjour zone par zone.

L'Hidropark d'Alcúdia, la journée aquatique sans se fatiguer les jambes

La Serra de Tramuntana, les montagnes classées UNESCO à hauteur de famille

Tom a repéré l’aigle de Bonelli depuis le belvédère. On cherchait encore, les yeux plissés, quand il a pointé son doigt vers le nord, au-dessus des oliveraies. C’est comme ça que ça s’est passé : lui, son appareil, et un oiseau qui planait sans effort sur les paysages du massif. Inès avait arrêté de marcher pour embrasser un olivier centenaire. Le tronc était plus large que nous deux réunis.

On n’a pas tenté le GR 221 en entier, évidemment. Mais un tronçon entre deux bourgs passe très bien avec des gamins. Les sentiers de randonnée reliant Deià à Sóller restent accessibles et offrent de vraies vues sur la côte ouest. Au printemps et en automne, les montagnes sont quasi désertes : c’est là que le massif se mérite, loin de la foule d’août.

Pour voir le nord sans forcer, la route côtière Ma-10 fait le travail. Des virages surplombent la Méditerranée et Fornalutx, bourg perché aux façades fleuries, mérite l’arrêt. On s’est garés trois fois en une heure. Tom voulait photographier, Léo voulait grimper sur chaque muret.

La Serra de Tramuntana, les montagnes classées UNESCO à hauteur de famille

Cala Millor, la station familiale de la côte est qui ne déçoit pas

On a atterri sur le sable de Cala Millor en fin d’après-midi, et les enfants ont filé vers l’eau avant même qu’on pose les sacs. Le sable est fin, presque blanc, et la surface reste d’un calme plat, pas de vague, pas de courant. À 19h, Inès construisait encore un barrage au bord des vagues pendant qu’on mangeait des glaces sur le muret du front de mer.

Cala Millor est une station balnéaire assumée. Il y a des restaurants, des loueurs de matériel, des animations le soir. Ce n’est pas une crique sauvage, et c’est précisément son intérêt pour les familles qui veulent tout à portée de main. On a loué des palmes et des masques sans chercher, on a trouvé une table en terrasse sans réserver.

La position sur la côte est aussi un atout. Les Grottes du Drach sont à vingt minutes en voiture, on y était le matin, revenus au sable pour le déjeuner. Cala Agulla, plus sauvage et bordée de pins, se fait en trente minutes. L’endroit fonctionne bien comme base, avec des excursions courtes et un retour garanti face à la Méditerranée.

Cala Millor, la station familiale de la côte est qui ne déçoit pas

La ferme d’autruches Artestruz, l’activité insolite qui change des plages

On a découvert Artestruz un midi où le bord de mer devenait pénible. Trente degrés à l’ombre, le sable brûlant sous les semelles, plus une place sous le parasol. On a chargé les petits en voiture et on a filé vers le centre de l’île. La ferme d’autruches, c’est une heure et demie de découverte, pas plus. C’est exactement ce qu’il faut quand la journée risque de virer au coup de chaleur.

Le nourrissage, c’est le moment fort. On te tend un seau de graines, et une autruche plonge la tête dedans avec une brutalité joyeuse. Léo a reculé d’un bon mètre, Inès a lâché le seau en riant. Les autruches sont bien plus rapides et bien plus imposantes qu’on ne l’imagine : ça fait partie de la surprise, et les gamins entre cinq et douze ans adorent ça.

Pour une dizaine d’euros par personne, l’activité s’insère sans forcer dans une journée. Le centre de l’île est moins chargé en touristes que le littoral, et on profite d’un rythme plus calme. C’est le genre d’escapade qui sort les enfants du sable sans leur demander un effort, et qui reste dans les souvenirs longtemps après le bronzage.


Cala Mesquida, la crique du nord-est pour ceux qui fuient les parasols en rang

On a garé la voiture au bout de la route et on a marché dix minutes sur un chemin plat, les enfants en tête avec les sacs à dos. Au bout, la grande crique de sable s’ouvre sans prévenir, bordée de dunes et de pins, sans une paillote à l’horizon. C’est l’une des plus spacieuses du coin : même en plein été, on pose sa serviette sans se coller au voisin. Mieux vaut apporter eau et pique-nique, il n’y a rien à acheter sur place.

Les dunes ont absorbé les petits pendant une bonne heure. Léo construisait un abri entre deux creux de sable, Inès remplissait ses poches de coquillages et de petits galets ronds. Les vagues ont plus de relief qu’à Alcúdia, la houle est franche. Pour ceux qui savent nager, c’est parfait ; pour les plus petits, mieux vaut rester dans les premiers mètres.

Le sable est fin, le baignade est limpide, et le cadre reste sauvage parce qu’il n’y a rien à vendre. On repart avec du sable dans chaque poche et les épaules qui tirent du soleil de l’après-midi.


Notre retour sur Majorque en famille

Nos lieux phares : Alcúdia, Palma et la côte est ont structuré nos journées.

Les grands moments : Le concert sur barque aux Grottes du Drach a tout écrasé.

Pause détente : La Playa de Muro le matin, quasi déserte, eau à genoux.

Notre astuce : Arriver avant 8h sur Es Trenc et Caló des Moro, sans exception.

Coup de cœur de la famille : La Serra de Tramuntana sur le GR 221 (Tom), Cala Agulla et ses dunes à escalader (Léo), les ruelles fleuries de Valldemossa (Inès), le marché dominical de Pollença (Claire).


Ce qu’on aurait aimé savoir avant de partir à Majorque en famille

Quelle est la meilleure période pour partir à Majorque en famille ?

Mai-juin et septembre-octobre sont idéaux : températures autour de 25°C, plages moins bondées et prix plus bas qu’en juillet-août. En haute saison, les spots emblématiques comme Es Trenc ou Caló des Moro saturent dès la matinée.

Faut-il louer une voiture à Majorque avec des enfants ?

Oui, la voiture reste indispensable pour atteindre les calas sauvages et les villages de l’intérieur. Prévoir une couverture complète : les routes de montagne sont étroites. Compter 8 à 12 euros par jour pour un siège enfant en supplément.

Quel budget prévoir pour une famille de 4 à Majorque ?

Hors hébergement, compter 100 à 150 euros par jour avec une activité payante et des repas simples. Une journée plage seule revient à 60-80 euros pour quatre. Le train de Sóller aller-retour avec tramway dépasse facilement 140 euros à quatre.

Comment éviter les files d’attente à l’Aqu

Acheter les billets en ligne à l’avance permet d’économiser 10 à 15 % sur le tarif guichet et d’éviter jusqu’à 45 minutes de queue en juillet-août. Le Mallorca Pass inclut l’entrée et peut valoir le coup si plusieurs activités sont prévues.

Faut-il louer une voiture à Majorque avec des enfants ?

Oui, la voiture reste indispensable pour atteindre les calas sauvages et les villages de l’intérieur. Prévoir une couverture complète : les routes de montagne sont étroites. Compter 8 à 12 euros par jour pour un siège enfant en supplément.