Naxos est la plus grande des Cyclades, et les bateaux de croisière l’ignorent encore. C’est exactement pour ça qu’on y revient. L’île mêle plages de sable fin à eau turquoise, villages de montagne en marbre, ruines antiques et tavernes à l’ombre des platanes. On passe de la mer à la montagne en vingt minutes de voiture. On découvre des temples presque seuls, des ruelles vénit iennes et des criques sans parasols. Mer, montagne et antiquité tiennent sur une seule île, sans la foule de Santorin ni les prix de Mykonos. Un concentré des îles grecques, à portée de famille. Nos 12 lieux préférés, glanés au fil de plusieurs voyages en mer Égée.
Pour les parents pressés
- La Portara, le temple d’Apollon gratuit et sublime à l’aube.
- Agios Prokopios, sable fin et eau peu profonde pour les petits.
- Apiranthos, le village de marbre aux ruelles pavées surprenantes.
- Le temple de Déméter, une ruine antique visitée presque seuls.
- Aqua Fun Water Park, la journée de repli quand le vent souffle.
La Portara, le monument qu’on vit mieux à l’aube qu’au coucher du soleil
On a quitté l’hôtel à 8h, la petite ville de Naxos encore endormie, et on a rejoint la Portara à pied par la chaussée en dix minutes. Personne. Juste les quatre, la mer Égée et cette porte de marbre blanc de six mètres de haut qui se découpe sur un ciel encore rose. Inès a levé la tête, reculé d’un pas, reculé encore. Elle cherchait le haut.
Le temple d’Apollon date du VIe siècle av. J.-C. et l’entrée est gratuite, sans guichet, sans barrière. On a tourné autour librement, on a posé les mains sur les blocs de marbre. Tom a fait ses photos sans attendre que quelqu’un sorte du cadre, parce qu’il n’y avait personne.
Le coucher de soleil sur ce site est le rendez-vous de toute l’île en été. On comprend pourquoi, et on comprend aussi pourquoi il vaut mieux l’éviter. Dans ce voyage aux Cyclades, loin de l’agitation de Mykonos, la lumière rasante du matin arrive de la mer et frappe le marbre de côté. C’est une autre Portara.
Chora et le Kastro, le labyrinthe vénitien qui occupe une matinée entière
On a grimpé dans les ruelles du Kastro de Naxos sans carte, exprès. Les pavés montent en spirale, les maisons vénitiennes se resserrent, et à chaque carrefour on choisit à pile ou face. Léo a décrété qu’on cherchait le passage secret des marchands de marbre. C’est ce genre de ville où les enfants mènent et les adultes suivent, ce qui est exactement ce qu’il faut à dix heures du matin.
Le musée archéologique du Kastro est fermé pour rénovation. L’exposition temporaire est au Centre culturel Sainte-Ursule, gratuite, ouverte du jeudi au lundi de 9h à 14h. On y a découvert les collections dans une salle fraîche et presque vide, loin de l’agitation de Mykonos.
Au pied de la colline, les petites boutiques de marbre local alignent des pièces taillées à la main. Chora reste le meilleur point de chute logistique pour explorer cette île des Cyclades : port, bus vers les plages et tavernes à l’ombre sont tous à moins de dix minutes à pied. Ce voyage en Grèce nous a confirmé que l’île mérite bien mieux qu’une escale rapide.
Agios Prokopios, la plage primée qu’il faut attaquer avant midi
On a pris le bus depuis Chora à 9h passées, et on avait déjà tort. Agios Prokopios se remplit vite : à 10h30, les premiers rangs de transats étaient pris. Le sable est fin, l’eau turquoise reste peu profonde loin du bord, et Inès avait encore pied à une distance qui nous aurait inquiétés ailleurs. La côte ouest de Naxos concentre les plus belles plages de l’île, et Agios Prokopios en prend plein la figure en plein été. Arriver avant 10h, c’est la règle non écrite que personne n’affiche à l’arrêt de bus.
Pour 22 euros, on a eu une paire de transats sous parasol, juste assez en retrait pour ne pas manger du sable à chaque passage. Le bus depuis la ville passe toutes les demi-heures et dépose au bord de la route. Ceux qui voyagent en Grèce et font escale à Mykonos ou dans d’autres îles des Cyclades oublient parfois de découvrir ce petit coin de Naxos. Léo a longé la mer jusqu’à Agia Anna par le sentier côtier, et il est revenu en nage avec une poignée de cailloux polis dans la poche.
Agia Anna, la plage de village où on a mangé les pieds dans le sable
Le bus depuis Chora coûte deux euros et dépose directement sur la plage d’Agia Anna, à six kilomètres de la ville. On a sauté dedans un matin sans trop réfléchir. L’ambiance est plus villageoise qu’Agios Prokopios : les tavernes sont posées sur le sable, les parasols touchent presque l’eau. Le sable est fin, la mer peu profonde sur une bonne vingtaine de mètres. Les enfants ont de l’eau jusqu’aux genoux très loin du bord, ce qui change tout quand on surveille depuis une chaise longue.
On a commandé du poulpe grillé vers 19h et les enfants jouaient encore. Personne n’avait envie de partir. Si on est là le 25 juillet, la fête de Sainte-Anne transforme le village en panegyri : musique, tables dehors, familles grecques de toute l’île. Un petit sentier côtier relie ces plages de Naxos entre elles, Agia Anna, Agios Prokopios et Plaka, pour changer d’endroit à pied selon l’humeur. Dans les Cyclades, on préfère cette île calme à Mykonos pour un voyage en famille.
Plaka, quatre kilomètres de sable sauvage quand on veut souffler
Plaka, c’est la plage qu’on trouve quand les deux autres sont pleines. On longe le sable vers le sud depuis Agia Anna, et la foule fond progressivement. À mi-chemin, il reste quelques transats et une petite taverne. Plus loin, plus rien : juste la mer, le sable et le vent. Tom a posé l’appareil photo à l’heure du coucher de soleil, et il n’a eu personne dans le cadre. Sur Agios Prokopios ce soir-là, c’était impossible.
La différence avec les plages du nord, c’est la voiture. Sans voiture, on atteint seulement le début de Plaka, là où l’île reste fréquentée. Les parties calmes du sud demandent de rouler un peu plus loin, de garer la voiture sur le bas-côté et de marcher cinq minutes dans le sable. Ce geste-là filtre naturellement la foule. Naxos n’est pas Mykonos : dans cette île des Cyclades, l’eau reste aussi claire, le sable aussi fin, mais on s’entend parler.
Agios Georgios, la plage de Chora pour les matins sans voiture
Le soir où le ferry a accosté à Chora, on avait encore les valises sur les bras et les jambes qui flanchaient. Agios Georgios est là, à dix minutes à pied du port, sans même chercher. On a posé les sacs à l’hôtel et on est descendus directement sur le sable. La mer était plate, le soleil bas, et l’eau ne dépassait pas la taille d’Inès sur une bonne vingtaine de mètres : elle a pataugé sans surveillance. C’est ça, l’avantage de cette plage sur toutes les autres quand on voyage à Naxos.
Agios Georgios est la plage de référence quand on loge en ville et qu’on ne veut pas reprendre la voiture. Les hôtels et les petits restaurants bordent directement la mer, Chora est dans le dos. Ce n’est pas la plus belle plage de l’île : le sable fin côtoie quelques rochers et les parasols se serrent vite. Mais pour découvrir la Grèce en famille sans quitter les Cyclades à toute vitesse, elle remplit parfaitement son rôle.
Halki et la distillerie Vallindras, le village qui sent le cédrat
On a poussé la porte de la distillerie Vallindras sans savoir à quoi s’attendre. L’odeur nous a arrêtés net : quelque chose entre l’agrume confit et le bois vieux. La visite est gratuite, dégustation comprise, et les alambics en cuivre sont là depuis 1896. Léo a tourné autour en cherchant un mécanisme secret. Tom a goûté trois versions du kitro et a pris le doux. Inès a gardé les mains dans le dos parce que j’avais dit « touche rien » deux fois.
Le petit village de Halki mérite qu’on s’y attarde une heure de plus que prévu. Les ruelles sont calmes, l’église byzantine est au bout d’une placette ombragée, et il n’y a pas grand monde. C’est une étape naturelle pour découvrir l’intérieur de l’île en voyage : en voiture, on enchaîne Halki, Apiranthos et Filoti dans la même journée sans se presser. Cette boucle rappelle que Naxos, dans les Cyclades, n’est pas qu’une île de plage comme on l’imagine depuis Mykonos.
Apiranthos, le village de marbre qui ressemble à nulle part ailleurs
On a garé la voiture en bas du village et on a grimpé à pied dans les ruelles d’Apiranthos. Le marbre blanc est partout : sous les semelles, sur les façades, dans les escaliers. Inès a sorti son carnet dès la deuxième ruelle et n’a plus lâché ses crayons pendant une heure. Elle a dessiné les pavés, les encadrements de portes, les façades aux pierres irrégulières.
Apiranthos est d’origine crétoise, et ça se sent dans l’architecture de ce petit village perché. Les ruelles sont étroites et entièrement pavées de marbre. Par temps humide, ces pavés deviennent glissants : on a failli en faire l’expérience sous une averse rapide. Le village abrite plusieurs petits musées thématiques, géologie, archéologie, art populaire, dont certains s’ouvrent pour quelques euros à peine. Léo a passé vingt minutes dans celui de géologie. C’est l’un des endroits que les familles en voyage dans les Cyclades ratent presque toujours quand elles partent découvrir l’île de Naxos plutôt que de rester sur les plages de Mykonos.
Le temple de Déméter, la ruine antique que personne ne bouscule
On a garé la voiture sur le petit parking de terre à Gyroula et on était seuls, ou presque. Deux autres visiteurs, pas plus. Léo a sorti l’appareil photo sans attendre son tour devant personne, ce qui ne lui arrive jamais à la Portara. Le temple de Déméter est le premier temple entièrement en marbre de l’architecture grecque, bâti au VIe siècle avant J.-C., et il est là, bien restauré, dans un champ de pierres blondes. Léo a longé chaque bloc en cherchant des inscriptions du bout des doigts. Il n’a rien trouvé, mais il a regardé les pierres comme s’il déchiffrait quelque chose.
Le site s’intègre naturellement dans la boucle vers les villages du centre de Naxos. On y passe en partant de la ville vers Halki et Apiranthos, sans détour. C’est l’une des façons les plus calmes de découvrir cette île des Cyclades autrement qu’au bord de l’eau. Dans un voyage en Grèce, on pense souvent à Mykonos, mais l’entrée ici est modique, à vérifier sur place selon la période, et ça change le rythme d’une journée entière.
Le Kouros d’Apollonas, la statue géante oubliée dans sa carrière
Au nord de l’île, la route monte jusqu’à Apollonas et débouche sur quelque chose d’assez étrange. Dans la roche, une figure de dix mètres est allongée, inachevée, comme si les sculpteurs grecs avaient posé leurs outils la veille. Léo a fait le tour deux fois pour mesurer l’échelle avec ses bras. Inès a regardé la tête, puis les pieds, puis la tête encore. Le site est en accès libre, sans grille ni caisse : on arrive, on regarde, on repart. Ce genre de gratuité en plein air, sur une Naxos aussi discrète dans les Cyclades, ça ne se refuse pas lors d’un voyage en Grèce. La voiture est indispensable pour monter jusqu’ici : aucun bus ne dessert Apollonas régulièrement. Si la journée ne permet pas de monter au nord, le kouros de Melanes, près de Flerio, offre la même expérience à vingt minutes de Chora. La vue sur la mer en redescendant est un bonus que peu de sites dans les îles offrent d’un coup.
Paros en excursion, l’île voisine pour une journée différente
On a pris le premier ferry du matin depuis la ville de Chora et on était à Paros avant que les tavernes ouvrent le petit-déjeuner. Le billet coûte une dizaine d’euros par personne, et quarante-cinq minutes plus tard, on débarquait dans une autre île des Cyclades, avec ses propres couleurs et son propre rythme. Ce genre de voyage casse quelque chose dans la routine d’une semaine à Naxos.
Naoussa, le petit village de pêcheurs au nord de Paros, mérite le détour. Les barques blanches et bleues sont amarrées à deux mètres des tables de taverne. Les plages autour du village ont un sable plus fin et une eau plus transparente qu’on ne l’imaginait. Le retour en bateau en fin d’après-midi laisse largement le temps de dîner à Chora. Pour les familles qui restent une semaine ou plus, une journée à Paros permet de découvrir une autre facette des îles grecques et change la perspective sur Naxos.
Notre retour sur Naxos en famille
Nos lieux phares : La Portara, Chora, Agios Prokopios et Apiranthos ont rythmé nos séjours.
Les grands moments : Les ruelles du Kastro laissées aux enfants, le temple de Déméter presque seuls.
Pause détente : Les matins à Agia Anna, pieds dans le sable devant une taverne.
Notre astuce : Louer une voiture dès le premier jour ouvre les criques et les villages.
Coup de cœur de la famille : Le kouros d’Apollonas abandonné dans sa carrière (Tom), l’Aqua Fun Water Park (Léo), les ruelles pavées d’Apiranthos (Inès), la distillerie Vallindras et son kitro (Claire).
Ce qu’on aurait aimé savoir avant de partir à Naxos
Combien de jours prévoir à Naxos avec des enfants ?
Une semaine est le minimum pour combiner plages, villages de montagne et excursion à Paros. En cinq jours, on couvre les plages de la côte ouest et Chora, mais on sacrifie l’intérieur de l’île et le nord.
Faut-il louer une voiture à Naxos en famille, ou les bus suffisent-ils ?
Les bus relient Chora aux plages de la côte ouest toutes les demi-heures, ce qui suffit pour Agios Prokopios et Agia Anna. Pour Plaka, Apiranthos, le temple de Déméter ou le kouros d’Apollonas, la voiture est indispensable.
Quelle est la meilleure plage de Naxos pour de jeunes enfants ?
Agios Prokopios offre un sable fin et une eau peu profonde sur vingt mètres, idéale pour les petits. Agia Anna est plus calme et accessible en bus. Les deux sont reliées par un sentier côtier praticable avec des enfants.
Vaut-il mieux loger à Chora ou dans une station balnéaire avec des enfants ?
Chora donne accès à tout à pied, aux ruelles, aux ferries et à la plage d’Agios Georgios. Les stations comme Agios Prokopios mettent la plage au pied de l’hôtel mais offrent moins de vie le soir. Chora reste notre choix.
Comment aller à Naxos depuis Athènes en famille, ferry ou avion ?
Le ferry depuis Le Pirée dure entre trois heures quinze et six heures trente selon le bateau ; les billets piéton démarrent autour de 52 euros. L’avion depuis Athènes est plus rapide mais nécessite une correspondance pour les vols internationaux.