La Toscane ressemble à une peinture de la Renaissance posée sur l’horizon : collines dorées, cyprès en file, villages perchés qui semblent suspendus dans le temps. On y trouve des villes d’art qui tiennent vraiment leurs promesses, des villages médiévaux où le rythme ralentit, une campagne toscane à couper le souffle, et même des plages sauvages pour finir la journée les pieds dans l’eau. Autant de diversité en si peu de kilomètres, c’est rare en Europe, et les enfants ne s’ennuient jamais. Au fil de plusieurs séjours en famille, on a exploré, raté des routes, découvert des coins inattendus. Voilà nos 10 lieux préférés, glanés voyage après voyage.
Pour les parents pressés
- La Galerie des Offices, gratuite pour les enfants, se joue en chasse aux trésors.
- La tour de Pise, un défi à réserver en ligne avant de partir.
- San Gimignano, quatorze tours médiévales à compter avec les enfants.
- Lucques, quatre kilomètres de remparts à parcourir en rosalie.
- La côte de Maremma, des plages sauvages sans infrastructure touristique lourde.
La Galerie des Offices, un musée qui se joue comme une chasse aux trésors
On était devant les Offices à 8h15, le Ponte Vecchio encore dans la brume. Le créneau Prima Mattina, c’est ça : Florence avant les groupes, avant la chaleur, avant la queue qui s’étire jusqu’à l’Arno. Les petits n’ont pas payé un centime, les moins de 18 ans entrent gratuitement, toutes nationalités confondues. Pour nous deux, le billet adulte revenait à 25 € sur place, mais les billets sont nominatifs depuis 2026, pièce d’identité obligatoire : on avait réservé en ligne avec nos noms exacts, coupe-file compris, et c’est ce qui nous a évité quarante minutes à la caisse.
Le jeu, c’est Léo qui l’a inventé devant la Naissance de Vénus. Il fallait compter les créatures mythologiques cachées dans les tableaux de Botticelli, deviner les dieux, repérer qui tient quoi. Inès a sorti son carnet. On a passé une heure dans deux salles à visiter cet art du XVe siècle, ce qui aurait horrifié n’importe quel guide. En famille, c’est l’une des activités à voir en Toscane qui tient les enfants en haleine. Le musée est fermé le lundi, détail à ne pas rater si on organise l’itinéraire de voyage au dernier moment. Il existe aussi un billet afternoon à 16 € pour entrer après 16h : les salles se vident, la lumière change, et les toiles deviennent accessibles sans bousculade.
Le Ponte Vecchio et les ruelles de Florence, à hauteur d’enfant
On a posé le réveil à 7h pour traverser le Ponte Vecchio avant que les cars arrivent. À cette heure-là, les bijoutiers n’ont pas encore levé leurs volets en bois, et les planches craquent sous nos pas sans qu’on se pousse. Vingt minutes plus tard, les premiers groupes déboulaient depuis les quais. C’est le seul moment de la journée où le pont appartient encore à ceux qui marchent.
Après le pont, on s’est perdus dans les ruelles derrière le Mercato Nuovo. Léo cherchait des passages secrets, Inès ramassait des confettis coincés dans les pavés. On a fini par déboucher sur la Piazza della Signoria sans l’avoir cherché. Pour visiter Florence en famille, ce genre d’errance vaut toutes les activités planifiées.
Le Palazzo Vecchio était là, avec ses créneaux et sa tour. Pour les petits, l’entrée ne nous a rien coûté. On a pris la visite guidée « La vie à la cour » pour 5 euros chacun : une heure à suivre une guide qui racontait les intrigues des Médicis comme une série. Inès a noirci quatre pages de son carnet de dessins de chevaliers.
Une dernière chose à voir avant de partir en voyage en Toscane : les règles ZTL. Six mois après notre retour d’Italie, une amende de la Ville de Florence est arrivée dans la boîte aux lettres. On se gare aux parkings hors ZTL, et on finit à pied.
Le dôme de Brunelleschi, le défi des 463 marches au-dessus de Florence
On avait présenté ça à Léo comme un défi sportif, pas comme une visite. Les 463 marches de ce chef-d’œuvre de la Renaissance se méritent : le couloir entre les deux coques de la coupole rétrécit progressivement, et à mi-hauteur les épaules frôlent la pierre des deux côtés. Tom montait en tête, Léo juste derrière. La vue sur Florence depuis le haut justifie chaque marche : les toits ocre s’étalent jusqu’aux collines, sans vitre ni rambarde entre nous et la ville.
Pour les 20 euros du billet adulte, on a tenu là-haut un bon quart d’heure, le temps qu’Inès repère le Ponte Vecchio depuis la hauteur. La tour du campanile de Giotto est une autre activité à voir en famille : 85 mètres, 414 marches, et le billet combiné revient à 30 euros adulte, 12 euros pour les 7-14 ans. En haute saison, la réservation à l’avance est indispensable : sans créneau réservé, on peut faire la queue pour rien.
Le soir de ce voyage en Toscane, on a filé à la Piazzale Michelangelo. On a préféré grimper à pied par les escaliers de pierre plutôt que prendre le bus. C’est gratuit, bondé au coucher du soleil, et le panorama est plus large, plus doux, avec la lumière orange sur le dôme qu’on avait escaladé le matin.
Le jardin de Boboli, la parenthèse verte au cœur de Florence
On a poussé la grille vers 16h, après deux heures passées aux Offices. Les enfants avaient les jambes qui bougeaient dans tous les sens depuis un moment. Boboli, c’est exactement ce dont une journée chargée en famille a besoin : de l’espace, des allées assez larges pour courir sans déranger personne. La lumière rasait les buis taillés et allongeait les ombres des statues. Léo a mis dix minutes à identifier un Mercure en bronze. Inès, elle, a foncé vers la fontaine de Neptune sans demander son reste.
Le labyrinthe végétal a occupé un bon quart d’heure. À hauteur d’Inès, les haies dépassent largement sa tête. Elle a fini par sortir en criant victoire, les cheveux pleins de feuilles. De là, on a remonté les allées jusqu’aux hauteurs du jardin. La vue sur Florence depuis ce belvédère s’étale sur les toits, les clochers, le dôme au fond. Pour 10 euros par adulte, on a pu profiter de deux heures sans voir le temps passer, 6 euros en basse saison, et gratuit le premier dimanche du mois de novembre à mars.
Boboli n’est pas un parc nature au sens strict. Parmi les activités à visiter en Toscane lors d’un voyage en Italie, ce jardin à l’italienne compte parmi ceux qui conviennent le mieux aux petits, été comme hiver. Le goûter sur un banc face à la fontaine, avec les pigeons qui lorgnent les miettes, c’est le meilleur moment pour souffler avant de repartir.
La Piazza dei Miracoli de Pise, bien plus qu’une photo avec la tour
On avait pris le train depuis Florence, moins d’une heure, et en sortant de la gare on pensait encore que la tour serait le clou du voyage. Ce qui nous a arrêtés net, c’est le gazon. Un rectangle de pelouse d’un vert presque irréel, entouré de marbre blanc, avec la tour qui penche vraiment, plus qu’on ne l’imaginait. Inès a lâché ma main et couru droit vers le centre. La piazza dei Miracoli de Pise est entièrement gratuite : on peut rester là une heure, faire la photo classique, visiter la cathédrale avec un coupon horaire, et repartir sans avoir sorti un euro.
La montée de la tour, c’est une autre histoire. Pour 20 euros par adulte, on accède aux 294 marches et aux 56 mètres de hauteur, ou 27 euros avec le billet combiné cathédrale, baptistère et Camposanto. Les moins de 8 ans ne peuvent pas monter, même accompagnés. Les créneaux sont limités à environ 50 personnes par demi-heure : sans réservation sur opapisa.it, entre avril et octobre, on ne monte pas.
Léo est monté avec Tom pendant qu’Inès et moi explorions les activités autour du baptistère. On a cherché les sculptures en façade, écouté l’écho à l’intérieur. En famille, en été comme hors saison, cette étape en Toscane reste l’une des plus belles à voir en Italie avec des petits.
San Gimignano, le Manhattan médiéval où on a compté les tours
On a garé la voiture hors les murs pour 7 euros la journée, puis remonté la ruelle en pente vers la porte de San Gimignano. Les premières tours ont surgi au-dessus des toits, une par une. Léo a sorti son carnet sans qu’on lui demande rien : retrouver les 14 tours encore debout sur les 72 d’origine. Il en a compté 11 avant d’admettre que certaines se cachaient derrière les façades.
La Torre Grossa, c’est la seule qu’on peut grimper dans ces villages médiévaux de Toscane. 218 marches pour 54 mètres. Le San Gimignano Pass à 12 euros pour Léo couvrait la tour, le Palazzo Comunale et les musées civiques : on a tout visité dans la journée sans recalculer à chaque guichet. En haut, le vent était fort et Inès s’est accrochée à la rambarde des deux mains.
Le SanGimignano1300 nous a arrêtés plus longtemps que prévu. La maquette en céramique reconstituant les 72 tours est à hauteur des petits. Léo a cherché sa tour préférée, puis l’a retrouvée dehors par la fenêtre.
On a fini sur la Piazza della Cisterna, devant la Gelateria Dondoli. Parmi les activités de l’été en Italie, la queue pour une glace reste une valeur sûre de voyage en famille : on a attendu quand même. Tom a pris deux boules de vernaccia, la spécialité locale au vin blanc.
Lucques, la ville fortifiée où on a pédalé sur les remparts
On a visité Lucques après Florence et Pise, et le soulagement a été immédiat. Pas de foule compacte, pas de groupes en file, juste une ville qui vit à son propre rythme. Le vélo remplace la voiture à l’intérieur des murs : on l’a compris dès qu’on a failli se faire doubler par une grand-mère en vélo de ville. Parmi toutes les villes toscanes vues en famille, c’est celle qui nous a le plus surpris.
L’activité phare pour les petits, c’est la rosalie. Pour 18 euros l’heure, on a loué cette voiture à pédales à quatre et on a attaqué la balade complète des remparts. Le chemin est large, plat, ombragé par de grands arbres. En contrebas, les toits de tuiles et les clochers s’étalent dans tous les sens. Inès avait les joues rouges au bout de vingt minutes mais elle n’a pas lâché les pédales. Le tour complet fait environ quatre kilomètres : une heure tranquille, avec deux arrêts pour regarder la ville en dessous.
On est redescendus dans les ruelles, on a trouvé une pizzeria sur une petite place sans enseigne touristique. En voyage en Italie l’été, Lucques offre des activités accessibles sans la pression des grands sites toscans : louer des vélos classiques reste possible si la rosalie est prise d’assaut en haute saison.
Volterra et son musée étrusque, le coup de cœur qu’on n’avait pas prévu
Ce matin-là, le ciel était bas et gris sur toute la campagne. On avait mis Volterra au programme un peu par défaut, faute de mieux par temps couvert. Le parking hors les murs, les ruelles en pierre sombre, la lumière plate : rien ne promettait grand-chose. Et puis on a poussé la porte du musée Guarnacci, et on n’a plus vraiment regardé l’heure.
Ce qui accroche les petits là-dedans, c’est le concret. Pas des tableaux, pas des fresques : des urnes funéraires avec des scènes sculptées dessus, des bijoux en or, des outils qui ressemblent encore à des outils. Léo a passé dix minutes à déchiffrer les inscriptions étrusques sur les couvercles, convaincu qu’il tenait un code secret. Ce n’est pas un musée qui explique l’histoire de loin : il la pose devant vous, à hauteur de gamin.
Dehors, Volterra se laisse visiter lentement. Les remparts étrusques longent le bord du plateau, et la vue sur la campagne toscane depuis là-haut est une de celles qu’on ne cherchait pas. Parmi les villages d’Italie à voir en famille pendant les vacances d’été, c’est celui qui change tout par rapport à San Gimignano : les ruelles restent praticables, sans flux de groupes entre vous et les façades. On est repartis avec de la poussière blonde sur les chaussures.
Le Val d’Orcia, la campagne toscane qui ressemble à un tableau
On avait prévu de s’arrêter deux fois. On en a fait huit. Tom repérait un alignement de cyprès, freinait, sortait l’appareil, et on attendait sur le bas-côté avec les sandwichs qui chauffaient. C’est ça, le Val d’Orcia : une succession de collines dorées où chaque virage ressemble à la photo qu’on a vue mille fois sans jamais y croire. En famille, ces paysages de Toscane profonde dépassent encore ce qu’on imaginait avant de partir.
On avait mis 1h45 depuis Florence pour rejoindre la première crête. Sans une auto, tenir cet itinéraire en Italie est impossible. Les routes de crête qui relient Pienza à Montalcino ne passent par aucune ligne de bus. On a fini par pique-niquer sur un talus herbeux, avec Pienza en fond de décor, ses remparts UNESCO posés sur la colline comme une maquette.
À Pienza, on a acheté un pecorino del posto affiné enveloppé dans du papier kraft. Il a survécu deux jours dans le sac à dos avant qu’on le finisse sur un muret. Montalcino s’est méritée : la montée est raide, mais la vue sur les collines depuis la forteresse vaut les mollets. En Toscane l’été, on rentre avec des photos qu’on n’a pas l’impression d’avoir prises soi-même.
La côte de Maremma, quand la Toscane se jette à la mer
Après des jours à lever la tête vers des tours et des clochers, on a coupé le moteur et les enfants ont couru. Pas vers un musée, pas vers une piazza. Vers l’eau. Ce contraste entre les collines dorées du Val d’Orcia et la mer qui apparaît d’un coup, on ne l’attendait pas si fort en plein été.
Le Parc naturel de la Maremma protège des plages sauvages accessibles à pied ou en navette depuis les villages d’entrée. Pas de parasols en plastique, pas de bar à cocktails. Du sable, des pins maritimes, et une eau d’une clarté qui rend les galets visibles à deux mètres de fond. Les enfants ressortent avec du sable dans les chaussures jusqu’au soir, parce qu’on ne pense pas à les enlever avant d’entrer dans l’eau.
Monte Argentario plaît aux familles qui préfèrent les rochers aux plages plates. Les criques s’atteignent par les sentiers du promontoire, et c’est l’une des activités que les enfants réclament dès le matin. Léo a passé une heure à inspecter les anfractuosités entre deux rochers, convaincu d’y trouver quelque chose. Cette portion d’Italie n’a pas la célébrité de la côte amalfitaine, et c’est exactement pour ça qu’on peut encore profiter d’un coin de Toscane tranquille en famille, en juillet ou en août.
Notre retour sur la Toscane en famille
Les incontournables : Florence, Pise et San Gimignano forment le trio qu’on referait sans hésiter.
Moments magiques : Les 463 marches du dôme de Brunelleschi, relevées comme un vrai défi sportif.
Pause détente : Le jardin de Boboli, deux heures de verdure au cœur de Florence.
Notre astuce : Réserver les billets des Offices et de la tour de Pise bien avant de partir.
Coup de cœur de la famille : Le Val d’Orcia et ses paysages de collines (Tom), la montée de la Torre Grossa (Léo), le musée étrusque de Volterra (Inès), le marché de Lucques (Claire).
Ce qu’on aurait aimé savoir avant de partir en Toscane en famille
Quel est le meilleur moment pour visiter la Toscane en famille sans souffrir de la chaleur ?
Mai, juin et septembre restent les meilleures fenêtres : les températures tournent autour de 22-26 °C, les foules sont moins denses. Juillet-août dépasse souvent 35 °C, ce qui épuise vite les enfants lors des visites à pied.
Peut-on visiter la Toscane en famille sans voiture ?
Florence et Pise se rejoignent en train, et Lucques aussi. Mais le Val d’Orcia, Volterra et la côte de Maremma restent très mal desservis. Sans voiture, la moitié des lieux de cet article devient difficile, voire impossible, à atteindre confortablement.
À partir de quel âge les enfants peuvent-ils monter en haut de la tour de Pise ?
La montée est interdite aux moins de 8 ans. Entre 8 et 18 ans, un adulte muni d’un billet payant doit accompagner l’enfant. Les créneaux sont limités à environ 50 personnes : la réservation en ligne sur opapisa.it est indispensable en haute saison.
Combien coûte environ une semaine en Toscane pour une famille de 4 personnes ?
Comptez environ 3 000 € pour une semaine, hébergement et déplacements inclus. Un agritourisme avec piscine revient à 150-200 € la nuit. Les entrées des musées restent raisonnables, surtout grâce à la gratuité pour les moins de 18 ans dans plusieurs sites majeurs.
Comment éviter l’amende de la ZTL quand on arrive en voiture à Florence ?
Se garer dans un parking hors ZTL dès l’entrée dans la ville, avant d’approcher le centre historique. Ne pas suivre le GPS aveuglément : certains itinéraires traversent des zones interdites. Des familles ont reçu une amende florentine six mois après leur retour.