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Tom et moi avons décidé d’emmener Léo et Inès à Miami pour leur faire découvrir les États-Unis pour la première fois, et autant te le dire, on hésitait. Trop chaud ? Trop loin ? Trop adulte comme destination ? On a essayé et on a adoré. Dix jours entre plages, palmiers, alligators, snorkeling dans les Keys et soirée NBA, ça nous a transformés. Cet article est notre carnet de bord complet, avec l’itinéraire jour par jour, les hôtels, les activités, le budget réel et toutes les astuces qu’on aurait aimé connaître avant de partir.

À retenir pour les parents pressés

  1. Dormez à South Beach, entre Lummus Park, Lincoln Road et plage.
  2. Faites Frost Museum, Bayside, puis Biscayne Bay sans changer de quartier.
  3. Explorez Wynwood Walls, puis mangez simple au Wynwood Marketplace.
  4. Couplez Gator Park et Anhinga Trail pour voir des alligators.
  5. Finissez par Vizcaya, Coconut Grove et une vraie pause.

Jour 1 : Arrivée à Miami Beach et premières impressions sous le soleil de Floride

Dix heures d’avion, deux enfants, une seule tablette

Bon, je vais être honnête avec toi : un Paris-Miami avec Léo et Inès, c’est une épreuve de patience parentale. Dix heures pendant lesquelles tu pries pour que la tablette tienne, que personne ne renverse son jus de pomme, et qu’aucun des deux ne décide qu’il a faim juste après le passage du chariot. Inès a eu faim juste après. Évidemment. Tom a fait semblant de dormir pour échapper à la négociation. Lâcheur.

Pour les billets, on est passés par voyage à Miami avec Cercle des Voyages, qui nous a aussi calé la première nuit d’hôtel et la voiture de location. Honnêtement, sur un long courrier avec deux enfants, déléguer toute la logistique à quelqu’un qui connaît la destination, c’est un poids en moins. On est arrivés, tout était prêt, on a juste suivi le plan.

On a tenu grâce au kit habituel : tablette chargée, écouteurs avec répartiteur audio (pour les rares fois où ils acceptent de regarder la même chose), feutres effaçables, gourde vide à remplir après les contrôles. Et un pull. L’avion est gelé. Un enfant qui a froid devient un enfant qui pleure, crois-moi sur parole.

Le mur de chaleur à la sortie de l’aéroport

Tu passes la douane (compter une bonne heure avec ESTA et empreintes biométriques), tu pousses la porte des arrivées et là, le mur. Trente-deux degrés dans la figure, humidité à 80%. Mes lunettes se sont embuées en trois secondes, Inès a fait des yeux ronds, Léo a lâché un « ah ouais quand même », et Tom a soupiré de bonheur parce que ce mec est fait pour le climat tropical.

C’est là que tu comprends un truc important sur Miami avec des enfants : il va falloir ralentir. Une activité le matin, baignade et pause à la fraîche l’après-midi, ressortie en fin de journée. La chaleur impose son rythme, et au final on a adoré ce tempo. C’est presque méditatif.

Notre choix d’hôtel à South Beach, et pourquoi

On loge à South Beach. Avec des enfants, tu veux la plage à pied, point. Brickell c’est business, Downtown c’est urbain, Coconut Grove c’est résidentiel mais loin. South Beach, c’est plage, restos, vie piétonne, et tu n’as quasi pas besoin de la voiture pendant les trois premiers jours. Game changer.

Côté hôtel, on a filtré Booking sur « chambres familiales » avec piscine. Le Hyatt Centric South Beach revient beaucoup à dix minutes de la plage, le Cadillac Hotel & Beach Club est carrément en bord de sable, et le 1 Hotel South Beach fait rêver Tom avec ses quatre piscines. On a fini sur une chambre avec deux lits doubles, le format qu’on privilégie systématiquement à quatre.

Lincoln Road et premier dîner chez Rosa Mexicano

Pour gérer le décalage horaire (18h sur place = minuit pour les enfants), on les a tenus éveillés en marchant jusqu’à Lincoln Road, la rue piétonne emblématique de South Beach. Palmiers géants, terrasses ouvertes, musiciens de rue. Inès a déclaré que c’était « comme Paris mais en plus grand avec des palmiers ». Léo a repéré une Lamborghini garée en double file.

Dîner en terrasse chez Rosa Mexicano, une institution mexicaine avec un guacamole préparé devant toi à la commande. Inès a écrasé les avocats avec le serveur (autorisé, validé, adoré). À 20h30, les enfants dodelinaient sur leur chaise. À 21h, tout le monde dormait. Mission décalage : réussie.

miami beach

Jour 2 : South Beach, Ocean Drive et les plus belles plages pour les enfants

Réveil à 6h30 parce que le décalage joue dans les deux sens

Décalage horaire première leçon : tu gagnes le coucher facile, tu paies au réveil. À 6h30, Inès chuchotait déjà à Léo : « On va à la plage maintenant ? » Tom a marmonné quelque chose d’inaudible. J’ai mis du café en route et j’ai accepté l’inévitable. Première règle des vacances à Miami avec des enfants : tu te lèves tôt, et tu en profites pour faire la plage avant que ça devienne un four à pizza.

À 8h, on était sur Lummus Park Beach, la plage emblématique de South Beach. À cette heure-là, presque personne. Sable blanc qui ne brûle pas encore, eau à 26 degrés, et les fameux postes de secours colorés plantés tous les cent mètres. Léo a compté huit couleurs différentes en remontant la plage. Inès a voulu en dessiner trois sur son carnet. Tom a sorti son appareil photo et n’est plus revenu pendant vingt minutes.

Le bon créneau plage et les zones adaptées par âge

Mon vrai conseil pour les plages de Miami avec enfants : viens tôt. Très tôt. À partir de 11h en haute saison, ça se remplit, le sable brûle les pieds, et trouver un coin libre devient un sport olympique. La fenêtre 8h-10h est imbattable. Tu repars te baigner à la piscine de l’hôtel sur le coup de midi, tu déjeunes, tu fais la sieste-baignade, et tu reviens à la plage vers 17h quand la lumière dorée arrive.

Pour les tout-petits, on conseille la zone autour de 14th Street. La pente y est plus douce, les vagues plus rondes, et le poste de secours très présent. South Pointe Park Beach, à l’extrémité sud, est notre coup de cœur famille : moins de monde, vue sur les paquebots qui sortent du port, et un parc avec jeux pour enfants à dix mètres du sable. Les enfants y restent des heures.

Ocean Drive et les façades Art Déco

Vers 11h, on a remonté Ocean Drive à pied. Tom dans son élément photographique. Les façades Art Déco roses, jaunes, turquoise, avec néons et frises géométriques, c’est exactement ce qu’on imagine en pensant Miami. Le quartier date des années 1930, plus de 800 bâtiments classés, et c’est tout le charme de South Beach. Léo a demandé pourquoi les maisons étaient peintes en glace à la fraise. La meilleure définition de l’Art Déco que j’aie entendue.

Pause glace chez Anita’s Gelato sur Lincoln Road, une institution. Pistache pour Inès, banane-Nutella pour Léo, espresso pour les parents. Compter une vraie boule format américain, autour de 7 dollars. Cher mais énorme.

Vélo sur la promenade et coucher de soleil à South Pointe

L’après-midi, on a loué des vélos Citi Bike (stations partout dans South Beach). La piste cyclable longe la plage sur dix kilomètres, plate, sécurisée, parfaite avec des enfants. On a roulé une heure tranquille, pause baignade au milieu, demi-tour. Idéal pour brûler leur énergie sans cramer la nôtre.

Fin de journée à South Pointe Park pour le coucher de soleil sur la jetée. Les pêcheurs alignés, et le moment qu’on attendait : le départ d’un paquebot géant qui sort de PortMiami. Inès a fait coucou pendant cinq minutes. Le bateau a klaxonné. Elle s’en souvient encore.

south pointe park

Jour 3 : Frost Museum, Downtown et croisière dans Biscayne Bay

Le Frost Museum à l’ouverture, le bon réflexe famille

Direction Downtown ce matin. Vingt minutes de voiture depuis Miami Beach par le MacArthur Causeway, avec une vue sur la skyline qui justifie à elle seule le trajet. Léo, accroché à la fenêtre, m’a demandé combien il y avait d’étages dans la plus grande tour. Aucune idée, mais 80, 85 facile. Le Frost Museum of Science se trouve à Maurice A. Ferré Park, juste en bord de baie, et c’est l’une des sorties qu’on a préférées du voyage.

On avait réservé les billets la veille en ligne, et c’est mon vrai conseil pour Miami : presque toutes les attractions ont une file ticket et une file « billet déjà acheté ». Tu gagnes vingt à trente minutes à chaque fois, et avec des enfants qui ont chaud, ça change tout. Arrive à l’ouverture, 10h, pour avoir le musée presque pour toi pendant la première heure.

L’aquarium quatre niveaux et le planétarium 8K

L’aquarium est l’attraction phare du musée. Tu commences par le bassin Gulf Stream, vu d’en haut, et tu descends étage par étage jusqu’à te retrouver sous l’eau, entouré de requins-marteaux et de raies. Inès a posé sa main sur la vitre quand un requin est passé et elle n’a pas bougé pendant cinq bonnes minutes. Léo a essayé de lire toutes les plaques explicatives, ce qui est rare et précieux.

Le planétarium 8K mérite vraiment son détour, mais les places sont limitées. Mon conseil : dès que tu entres dans le musée, file réserver ton créneau au comptoir du planétarium. Compter une trentaine de minutes, dôme à 360 degrés, et on est sortis silencieux. Avec Léo, c’est rare. Ça veut dire qu’il a aimé.

Déjeuner à Bayside Marketplace et croisière dans Biscayne Bay

À dix minutes à pied du musée, Bayside Marketplace est le marché-port en plein air de Downtown. Food court correct (tu trouves de tout, des burgers aux empanadas), terrasses face aux bateaux, ambiance détendue et musiciens partout. Les enfants ont mangé des chicken tenders devant un type qui jouait du steel drum. Inès a dansé pendant tout son repas, ce qui a beaucoup amusé le voisinage.

L’après-midi, on a embarqué pour la croisière dans Biscayne Bay avec Island Queen Cruises, qui part directement de Bayside. 1h30 de tour, départs toutes les heures, à 35 dollars l’adulte. Au programme : Star Island et les villas de stars (Shaquille O’Neal, Gloria Estefan), Millionaire’s Row, et surtout la skyline de Downtown vue depuis l’eau au retour.

Astuce photo : pont supérieur, côté droit

Si tu fais cette croisière, voici le tuyau qu’on m’avait donné et qui s’est avéré juste. Place-toi sur le pont supérieur, côté droit en sortant du port. C’est de ce côté que défilent les belles maisons à l’aller, et la lumière de l’après-midi est parfaite pour la skyline au retour. Léo a essayé de reconnaître les maisons des stars, Inès a salué chaque mouette croisée. Tom a fait cent photos. Moi, j’ai juste regardé.

frost museum

Jour 4 : Wynwood et Miami Design District, le Miami créatif

Wynwood Walls et le quartier qui se balade gratuitement

Direction Wynwood ce matin, l’ancien quartier industriel devenu galerie à ciel ouvert depuis 2009. Quinze minutes de voiture depuis South Beach. Bâtiments en briques, hangars repeints, fresques qui changent tous les six mois. Pour Léo qui dessine depuis qu’il sait tenir un crayon, c’était la sortie qu’il attendait le plus.

On a commencé par Wynwood Walls, l’enclave fondée par Tony Goldman. C’est l’épicentre payant du street art à Miami, à réserver en ligne 48h avant minimum en haute saison. À l’intérieur, une quarantaine de fresques signées par des artistes internationaux comme Shepard Fairey ou Os Gêmeos. Léo a sorti son carnet, en a recopié trois. Inès a voulu se faire prendre devant la fresque de la baleine bleue. Trois fois.

Mais voici mon vrai conseil pour Wynwood : ne te limite pas à l’enclave payante. Tout le quartier autour, entre 2nd Avenue et 6th Avenue, est gratuit et couvert de fresques tout aussi spectaculaires. Une heure de marche, appareil photo en main, vaut le déplacement. On y a passé deux heures sans s’en rendre compte.

Wynwood Marketplace et les glaciers improbables

Pour le déjeuner, on a filé au Wynwood Marketplace, le marché food trucks couvert au coin de la 26th Street. Une vingtaine de stands, des burgers aux arepas en passant par les poké bowls, et beaucoup d’espace pour s’asseoir au calme. Tom a pris un poké bowl, les enfants des tacos, et tout le monde était content. C’est exactement le format qui marche en famille : chacun choisit, on partage, et personne ne râle.

Mention spéciale pour les glaciers du quartier. Salt & Straw propose des parfums improbables (basilic-fraise, miel-pop corn, cheddar). Léo a tenté le honeycomb toffee. Inès est restée fidèle au chocolat. Compter 7 dollars la boule format américain, soit deux fois ce qu’on prendrait en France pour le même volume. Tu rentabilises.

Miami Design District, le contre-point chic et calme

À dix minutes de route, le Miami Design District est l’autre quartier créatif de Miami, mais dans un registre très différent. Architecture contemporaine, boutiques de luxe, sculptures en plein air. Plus calme, plus chic, plus posé. C’est presque un musée à ciel ouvert.

On a fait le tour à pied en une heure. La sculpture Fly’s Eye Dome de Buckminster Fuller au coin du Paseo Ponti vaut le détour. Et la façade alvéolée du Palm Court, signée Sou Fujimoto, fascine vraiment les enfants. Léo a essayé de compter les hexagones et a abandonné à trois cents. Inès a juste dit que c’était « joli comme une ruche ». Retour à l’hôtel en fin d’après-midi, et Léo m’a demandé si on pouvait peindre un mur de sa chambre en rentrant. Et oui, on a fini par le faire.

wynwood miami

Jour 5 : Jungle Island et les meilleures activités nature avec enfants

Pourquoi Jungle Island et pas Zoo Miami

Jungle Island se trouve sur Watson Island, juste entre Miami Beach et Downtown. Quinze minutes de notre hôtel, ce qui est imbattable. C’est un parc animalier-aventure de douze hectares en plein cœur de Biscayne Bay, et c’est notre choix face à Zoo Miami pour une raison simple : avec des enfants de 7 et 11 ans, tu veux du mix animaux-attractions, pas juste de la marche entre enclos.

Zoo Miami est plus grand (3000 animaux sur 120 hectares), mais à 45 minutes au sud de la ville, et la chaleur y est encore plus violente parce qu’il n’y a pas la brise de la baie. Pour des passionnés purs d’animaux et des plus grands, ça reste une option. Pour nous, Jungle Island a gagné haut la main.

Le show des lémuriens et l’amande à l’ara bleu

Arrivée à 10h, à l’ouverture. Règle absolue pour ce genre de parc en Floride : avant midi, c’est encore vivable. Après, la chaleur prend le dessus et les files s’allongent. Compter 49 dollars l’adulte et environ 35 pour les enfants, avec une petite réduction en réservant en ligne au lieu de payer sur place.

Premier arrêt, le show des lémuriens. Un soigneur en a libéré trois sur scène. L’un d’entre eux a sauté sur l’épaule d’un visiteur. Inès a crié. Léo a voulu faire pareil. Le soigneur a dit non mais leur a laissé toucher la queue d’un autre lémurien à la sortie. Grand moment.

Mais le vrai sommet du voyage pour Léo, c’est le show des perroquets à 12h30. Salle climatisée (précieux), une vingtaine d’oiseaux dressés, et il a été choisi pour donner une amande à un ara bleu. Sa fierté de tout le séjour, qu’il a racontée à sa maîtresse à la rentrée. Trois fois.

Jungle Splash, tyrolienne et logistique pic-nique

Le parc est organisé en zones : Jungle Splash (mini parc aquatique pour les 6-12 ans), volière des perroquets, enclos des orangs-outans, sentier des kangourous, et arbre-en-arbre avec tyrolienne à partir de 7 ans. Léo a fait la tyrolienne, il en est descendu rouge tomate, et a redemandé un deuxième passage. Inès, trop petite, a fait le mini-parc aquatique pendant ce temps. Tout le monde y a trouvé son compte.

Mon vrai conseil logistique : ne mange pas au restaurant du parc. Cher, file longue, qualité moyenne. On a anticipé avec sandwiches, fruits, gourdes d’eau dans un sac isotherme laissé à la consigne. Tu gagnes du temps et du budget, et les enfants mangent mieux. Retour à l’hôtel à 16h, et tout le monde était cuit. Une heure de piscine, dîner léger, au lit.

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Jour 6 : Airboat dans les Everglades et rencontre avec les alligators

Réveil 7h, parce qu’avec les alligators, le tôt fait la différence

C’est le jour de l’année pour Léo. Il en parle depuis qu’il a vu un documentaire sur les Everglades il y a six mois. Réveil 7h, petit-déjeuner rapide à l’hôtel, départ 8h pile. Le parc national des Everglades se trouve à 45 minutes de Miami par la US 41, aussi appelée le Tamiami Trail. C’est la route mythique qui traverse la Floride d’est en ouest, et qui passe au cœur des marais.

Mon conseil le plus important pour cette journée : pars tôt. À partir de 10h, les bus de tours organisés débarquent, et l’expérience perd en authenticité. Entre 9h et 10h, on a quasi le parc pour nous, on entend les oiseaux, et les alligators sont encore actifs avant la chaleur de midi.

Gator Park, l’airboat et les trois arrêts magiques

On a réservé chez Gator Park Airboat Tours sur la SW 8th Street, un des trois opérateurs les plus connus du Tamiami Trail avec Coopertown et Everglades Safari Park. Tour de 30 minutes, environ 26 euros l’adulte, show alligators inclus à l’arrivée. L’embarcadère est rustique, ponton en bois, prairie de papyrus à perte de vue. On a enfilé les casques anti-bruit (les hélices font 100 décibels). Inès a mis les siens à l’envers. On a corrigé.

Le départ est saisissant. Le pilote pousse la manette, l’hélice rugit, et le bateau glisse sur vingt centimètres d’eau à 50 km/h. Les enfants ont serré nos mains. Trente secondes plus tard, ils riaient. Le pilote coupe le moteur trois fois pendant le tour. Premier arrêt, un alligator de deux mètres à dix mètres du bateau. Il ne bougeait pas. « Il dort », a dit le pilote. Léo a chuchoté, comme si le crocodile allait l’entendre. Deuxième arrêt, un nid de hérons garde-bœufs. Inès a compté les œufs : six. Troisième arrêt, un raton laveur sur une branche. Léo voulait le ramener à la maison.

L’Anhinga Trail l’après-midi, l’autre face des Everglades

L’après-midi, on a roulé jusqu’à l’Anhinga Trail, dans la partie sud du parc, entrée Homestead, Royal Palm Visitor Center. Là, l’entrée du parc national est obligatoire, valable une semaine, à 35 dollars par véhicule. C’est l’un des sentiers les plus impressionnants de Floride : 800 mètres de passerelle en bois au-dessus des marais, accessible aux poussettes, alligators visibles à moins de cinq mètres parfois.

On y a vu sept alligators en quarante-cinq minutes. Plus des tortues, des anhingas qui font sécher leurs ailes au soleil, et encore un raton laveur. Léo a noté chaque animal sur un petit carnet qu’il avait préparé pour ce jour. À la fin, il avait douze espèces.

Moustiques, vêtements, choix entre Shark Valley et Anhinga

Trois choses à savoir avant de partir aux Everglades en famille. Premièrement, les moustiques. Entre mai et octobre, c’est intense, donc répulsif fort obligatoire avant d’arriver. Hors saison, beaucoup moins de souci. Deuxièmement, l’équipement : chaussures fermées, casquette, lunettes de soleil, et une grande gourde par personne minimum.

Troisièmement, le choix du sentier. Anhinga Trail pour les plus jeunes (plat, court, alligators garantis). Shark Valley pour les enfants à partir de 8 ans (location de vélo possible sur 22 km de boucle, tour d’observation à mi-parcours). On a fait Anhinga pour Inès, et on garde Shark Valley pour notre prochain passage. Retour à Miami vers 16h30. Tout le monde a piqué du nez dans la voiture. Sauf Tom qui conduisait.

florida everglades

Jour 7 : Direction les Florida Keys pour une journée entre mer et snorkeling

La route en chapelet d’îles, l’un des plus beaux trajets de Floride

Départ 7h30 ce matin. Direction Key Largo, la première des Florida Keys, à une heure de route de Miami par l’Overseas Highway. Cette route, c’est une expérience en soi. Elle traverse 42 îles reliées par des ponts, sur 200 kilomètres jusqu’à Key West tout au bout. Nous, on s’arrête à Islamorada, mais déjà, le premier tronçon est spectaculaire.

Quand tu franchis le premier grand pont au-dessus de l’océan, l’eau passe d’un coup à un turquoise irréel. Inès a collé son nez à la vitre et a demandé si on était à Hawaï. Tom a dit « presque ». Léo a sorti son téléphone pour filmer. C’est typiquement le moment où tu te dis que tu as bien fait de venir.

John Pennekamp Coral Reef et le glass-bottom boat

À Key Largo, on a foncé au John Pennekamp Coral Reef State Park, le premier parc sous-marin créé aux États-Unis en 1963. C’est l’endroit parfait pour faire découvrir la barrière de corail à des enfants qui ne savent pas (encore) bien nager, parce qu’il propose un glass-bottom boat. Le Spirit of Pennekamp est un catamaran de 20 mètres avec un grand fond vitré au centre, et il t’emmène voir le récif sans te mouiller. Tour de 2h30, trois départs par jour, à 50 dollars l’adulte.

On y a vu une raie pastenague, un banc de barracudas, et le fameux Christ of the Abyss, une statue de bronze immergée à six mètres de profondeur. Inès a passé tout le trajet allongée sur la vitre, à plat ventre. Léo a tenu un commentaire en direct comme un guide naturaliste. « Là maman, là il y a un truc orange. » Précieux.

Theater of the Sea à Islamorada, les dauphins et les lamantins

L’après-midi, on a roulé encore trente minutes jusqu’à Theater of the Sea à Islamorada, un parc marin familial qui existe depuis 1946. Plus petit et plus authentique que les grandes structures industrielles type SeaWorld. On y observe des dauphins, des lamantins, des tortues, des otaries, et tu peux ajouter en option une nage avec les dauphins. On a choisi juste l’entrée standard, qui suffit largement pour une demi-journée famille.

Les shows sont espacés et bien rythmés. Le show des dauphins a fait fondre Inès, qui a serré ma main pendant tout le numéro de saut. Le bassin des lamantins est plus calme, plus contemplatif, et on y a passé un long moment à les regarder remonter prendre l’air toutes les trois minutes. Retour Miami en soirée, dîner rapide et coucher anticipé. Une journée comme celle-là, ça lessive.

keys of florida

Jour 8 : Little Havana, culture cubaine et soirée NBA à Miami

Matinée farniente à la piscine pour souffler

Après les Everglades hier et les Keys l’avant-veille, on a décidé de souffler ce matin. Petit-déjeuner tardif à l’hôtel (œufs brouillés à volonté, ce qui rend Léo très heureux), et matinée entière à la piscine. Inès a sauté du bord pendant deux heures, Léo a lu Arsène Lupin tome 5 dans une chaise longue, et Tom et moi on a juste glandé. Vraiment glandé. Cette journée-là est obligatoire dans un séjour de 10 jours : le corps demande grâce, et les enfants aussi, même s’ils ne le disent pas.

C’est l’un de mes vrais conseils pour Miami avec enfants : ne pas tout enchaîner. Alterne journées intenses et journées molles, sinon tu rentres plus fatiguée qu’avant de partir. Et tu te chamailles à la fin du séjour, ce qui est dommage.

Calle Ocho, fresques cubaines et parc des dominos

Vers 13h, on a filé à Little Havana, à vingt minutes de route. C’est le quartier cubain historique de Miami, autour de la Calle Ocho (8th Street en espagnol). Couleurs partout, musique salsa qui sort des magasins, odeur de café cubain à chaque coin de rue. Inès a tout de suite voulu danser. Elle a dansé. Pas mal.

On a déjeuné chez Versailles Restaurant, l’institution cubaine ouverte depuis 1971, au 3555 SW 8th Street. Pas de réservation acceptée sauf groupes de 15+, donc tu fais la queue ou tu passes par la ventanita, la fenêtre à emporter qui sert café cubain et pastelitos depuis cinquante ans. Sandwich cubain pour Tom, ropa vieja pour moi, et les enfants ont partagé une assiette de poulet plantains. C’est gros, généreux, et pas cher du tout pour Miami, autour de 18 dollars par personne.

L’après-midi, balade Calle Ocho jusqu’au Domino Park (officiellement Máximo Gómez Park). Des hommes y jouent aux dominos depuis les années 1970, en chemise blanche, dans une ambiance que tu ne trouves nulle part ailleurs. Léo s’est arrêté pour regarder une partie pendant un quart d’heure. Sans bouger.

Match NBA des Heat ou MLB des Marlins selon la saison

En soirée, on a fait l’expérience emblématique du sport américain en famille. La saison de notre voyage tombait sur les playoffs NBA, donc on a pris un match des Miami Heat au Kaseya Center à Downtown. Si tu viens entre avril et septembre, tu peux faire un match MLB des Marlins. Et entre septembre et janvier, NFL des Dolphins, mais celui-là est nettement plus cher.

L’ambiance NBA en famille, c’est un truc à vivre une fois. Musique entre chaque action, animations sur grand écran, hot-dogs partout, kiss cam qui fait rire les enfants. Léo a hurlé à chaque panier. Inès a surtout aimé la mascotte Burnie. On est rentré à minuit, ce qui est tard, mais c’est le souvenir qu’ils en gardent.

little havana

Jour 9 : Coconut Grove, Vizcaya et pause plus calme avant le départ

Vizcaya Museum and Gardens, le palais italien de Miami

Après une semaine intense, on a choisi de finir doucement. Direction Coconut Grove ce matin, le quartier le plus arboré et le plus paisible de Miami, à vingt minutes de South Beach. Première étape : Vizcaya Museum and Gardens. C’est un palais de style italien Renaissance construit en 1916 par l’industriel James Deering, posé en bord de baie de Biscayne, entouré de jardins exotiques. Tu as l’impression d’être projetée en Toscane au beau milieu de la Floride.

Compter une bonne demi-journée pour profiter, et autour de 25 dollars l’adulte. Les enfants de moins de 6 ans entrent gratuitement, et l’accès poussette fonctionne dans la plupart des salles et jardins. Mon conseil : commence par les jardins avant que la chaleur tape, et garde l’intérieur du palais pour la deuxième moitié de la visite, climatisation oblige.

Jardins exotiques, vue sur la baie et stone barge

Inès est devenue ma photographe officielle dans les jardins. Elle a pris cent quarante-deux photos avec mon téléphone, ce que j’ai découvert le soir en chargeant les images. Elle a notamment photographié vingt-six paons sur les pelouses (oui, on les a comptés), et la fameuse stone barge, un brise-lames sculpté en forme de bateau de pierre au bord de la baie. Léo, lui, a foncé dans le labyrinthe végétal qu’il a fini par perdre, ce qui m’a obligée à le récupérer à grands cris.

À l’intérieur du palais, le hall avec sa fontaine intérieure est un moment fort. Les enfants ont aimé compter les statues, et Léo a posé la question dont je n’avais pas la réponse : pourquoi tous les nez des statues romaines sont cassés ? Si tu as la réponse, écris-moi.

Déjeuner à Coconut Grove et après-midi shopping

À la sortie de Vizcaya, on a roulé cinq minutes jusqu’au cœur de Coconut Grove. C’est l’un des plus anciens quartiers de Miami, ombragé par d’immenses banians et chênes, calme, presque village. On a déjeuné en terrasse au GreenStreet Cafe, une institution locale au coin de Commodore Plaza, avec un menu salades et burgers franchement bon. Idéal en famille parce que terrasse couverte, donc pas de soleil direct.

L’après-midi, soit shopping à CocoWalk juste à côté (centre commercial à ciel ouvert, plus calme que les grandes galeries), soit Bal Harbour Shops si tu cherches du plus haut de gamme. On a opté pour le tranquille de Coconut Grove. Inès s’est offert un coquillage à 4 dollars dans une boutique de souvenirs. Elle l’a sur sa table de chevet aujourd’hui encore.

vizcaya museum

Jour 10 : Dernière matinée à Miami Beach et retour vers Paris

Une dernière baignade et les valises qui résistent

Dernière matinée à Miami Beach, et tu sens dans l’air ce mélange étrange : l’envie de profiter encore et l’angoisse de rater l’avion. À 8h, on était sur la plage pour la dernière fois. Sable encore frais, eau calme, presque personne. Léo a voulu faire un dernier château. Inès a ramassé encore plus de coquillages, comme si elle craignait que la mer n’en produise plus jamais. Tom a regardé l’horizon en silence pendant dix minutes. Moi, je pensais déjà aux valises.

Retour à l’hôtel à 10h, douche, et bataille classique : faire rentrer dans la valise tout ce qu’on a acheté en plus. Souvenirs, T-shirts, le coquillage d’Inès, deux livres d’Arsène Lupin achetés en VO sur Lincoln Road, et la sculpture en bois rapportée de Little Havana. On finit toujours par s’asseoir sur la valise pour qu’elle ferme.

Restitution voiture, MIA et logistique de retour

Mon vrai conseil pour cette dernière journée : prends large sur la logistique. Restitution de voiture à l’aéroport au moins 3h30 avant le vol. La file peut être longue, et tu dois aussi rendre le réservoir plein (donc station-service à prévoir avant). Aux États-Unis, les contrôles de sécurité à l’aéroport sont longs même quand ce n’est pas la haute saison.

On a déjeuné rapidement à MIA, et j’ai un dernier tuyau pour les familles : achète des snacks au CVS ou Walgreens avant d’arriver à l’aéroport. Tu paies deux fois moins cher pour les mêmes barres, fruits secs et bouteilles d’eau. Sur dix heures de vol avec deux enfants, c’est appréciable.

Le décollage, le coucher de soleil sur la baie depuis le hublot, la skyline qui rétrécit, et Inès qui me dit « maman on revient quand ? ». Bientôt, ma puce. Bientôt.


Mes questions qu’on me pose le plus sur Miami

Combien de jours faut-il pour visiter Miami en famille ?

Dix jours est le bon format. Tu profites de Miami, tu fais Everglades et Keys en excursions, et tu gardes du temps pour la piscine et la plage. Sept jours minimum si tu compresses.

Quelle est la meilleure période pour partir à Miami avec des enfants ?

Décembre à avril offre le climat parfait, sec et chaud sans excès. Évite juin-septembre, c’est la saison des ouragans et l’humidité devient lourde. Avril et novembre restent nos préférés en famille.

Faut-il louer une voiture pour un voyage à Miami avec enfants ?

Oui pour les excursions (Everglades, Keys, Coconut Grove), c’est presque indispensable. Mais dans South Beach, tu peux t’en passer trois jours. Loue-la dès l’aéroport pour gagner en flexibilité sur tout le séjour.

Quel quartier choisir pour loger à Miami en famille ?

South Beach reste notre choix numéro un avec enfants. Plage à pied, vie piétonne, restos, et hôtels avec piscine. Coconut Grove convient aussi si tu cherches plus calme et plus arboré, mais excentré.

Quel budget prévoir pour 10 jours à Miami à quatre ?

Compter 6 000 à 7 000 euros tout compris pour une famille de quatre sur dix jours. Vols 2 200 euros, hôtel 2 000 euros, voiture 500 euros, activités 700 euros, repas 1 100 euros environ.