Notre voyage en famille de 3 semaines en Nouvelle-Zélande avec deux enfants

Le globe du salon porte encore la marque du feutre rouge. Un petit cercle tremblé, tracé par Inès autour de la Nouvelle-Zélande. Deux îles minuscules au bout du monde, tout au sud des cartes. Ce cercle nous a servi de promesse pendant une année entière. Puis la promesse est devenue un vrai voyage en famille. Trois semaines en camping-car, de l’île du Nord à l’île du Sud. Le départ se ferait par le nord, à Auckland. Le dernier soir, Léo a fait tourner le globe une dernière fois. Son doigt a suivi le chemin des avions au-dessus des océans.

Pour les parents pressés

  1. Naviguer sur le fjord de Milford Sound entre cascades géantes.
  2. Glisser en barque silencieuse sous les vers luisants de Waitomo.
  3. Observer les geysers de Rotorua jaillir dans l’odeur de soufre.
  4. Dévaler la luge de Queenstown face au grand lac Wakatipu.
  5. Compter les étoiles filantes au bord du lac Tekapo endormi.

Auckland, la porte d’entrée où on a choisi notre parcours

Le décalage horaire nous a cueillis dès le premier matin. À l’aube, Léo relisait son guide sur le canapé de notre location. Dehors, Auckland s’éveillait à peine, entre baie scintillante et collines volcaniques. La plus grande ville de Nouvelle-Zélande compte une cinquantaine de volcans endormis.

On a marché jusqu’au port pour un premier petit-déjeuner face aux voiliers. Inès comptait les mâts, Tom photographiait la lumière. La Nouvelle-Zélande vit tournée vers la mer, et ça se sent partout. Les plages de la côte ouest attirent les surfeurs dès l’aube. Le premier soir, on a grimpé le mont Eden au coucher du soleil. Le cratère herbeux s’ouvre en plein centre-ville. La vue embrasse toute la baie, gratuite et inoubliable. Auckland occupe le nord de l’île, entre deux mers. L’île du Nord commence ici, et notre voyage aussi. Depuis les hauteurs, on devine déjà les paysages qui nous attendent. Vingt et un jours pour découvrir un bout du monde, l’excitation montait. Nous, on avait deux jours pour apprivoiser Auckland avant de prendre la route.

Comparer les itinéraires avant de nous envoler

Il faut remonter un peu en arrière. Un soir de janvier, Tom a étalé une carte du pays sur la table. Trois semaines, deux îles, des milliers de kilomètres possibles. Par où commencer ? On a épluché les circuits de l’agence Thellier Voyages pour voir les itinéraires proposés. Leur sélection nous a aidés à tracer notre propre route. Leurs parcours en camping-car nous ont servi de colonne vertébrale.

On a gardé leurs grandes étapes, puis ajouté nos envies à nous. Rotorua pour les geysers, Tongariro pour les volcans. Queenstown viendrait plus tard, pour l’adrénaline. Léo voulait des grottes, Inès réclamait des animaux. Chacun a posé une exigence sur la carte. Le soir même, notre itinéraire tenait sur une feuille à carreaux. Un mois plus tard, la réservation du camping-car partait aussi. En haute saison, les véhicules familiaux partent longtemps avant l’été. Les circuits classiques descendent l’île du Nord avant de filer vers l’île du Sud. Notre itinéraire suivrait la même logique, du nord au sud. Les voyages réussis se jouent souvent à cette étape. On voulait un itinéraire souple, avec de la place pour l’imprévu. Ce genre de préparation prend du temps, mais évite bien des regrets sur place.

Sky Tower et les manchots de Kelly Tarlton’s

Retour à Auckland, deuxième matinée. La Sky Tower domine la ville de ses 328 mètres. L’ascenseur vitré a fait pâlir Inès et rire Léo. Là-haut, le plancher de verre donne l’impression de flotter au-dessus des rues. On distingue les deux ports, les îles du golfe de Hauraki, les volcans. Tom a passé vingt minutes à identifier chaque sommet. Les enfants, eux, guettaient les sauteurs à l’élastique accrochés à la tour.

L’après-midi, direction l’aquarium Kelly Tarlton’s, au bord de la baie. Un tapis roulant traverse un tunnel de plexiglas sous les requins. Inès a collé son nez à la vitre des manchots pendant une éternité. Une colonie entière glisse, plonge et se dandine à quelques centimètres des visiteurs. Léo préférait les raies, majestueuses au-dessus de nos têtes. On est ressortis à la fermeture, des étoiles plein les yeux. Toute la famille a validé cette première journée. Notre boucle sur l’île du Nord commençait le lendemain. Les activités d’Auckland remplissent facilement l’agenda. Ce voyage se dessinait enfin pour de bon. Les voyages commencent souvent par un vertige, le nôtre était réussi. L’aventure n’avait pourtant pas encore vraiment commencé. Le lendemain, on récupérait notre maison roulante pour trois semaines de voyage.

Auckland, la porte d'entrée où on a choisi notre parcours

Waitomo, la nuit sous mille vers luisants

On descend au sud d’Auckland, et le paysage change déjà. Auckland et le nord s’éloignent dans le rétroviseur. Des collines vert tendre, des moutons par milliers. Les panneaux annoncent bientôt des grottes, parmi les visites les plus célèbres de Nouvelle-Zélande. Plusieurs lecteurs du blog nous avaient recommandé cette étape. À Waitomo, on visite sous terre. Sous l’île, une rivière coule dans le noir complet. La barque glisse sans un bruit, et la famille entière retient son souffle. Au-dessus de nos têtes, des milliers de points bleus percent l’obscurité. Ce sont des vers luisants, une espèce qu’on ne trouve presque qu’en Nouvelle-Zélande.

Inès a serré ma main très fort dans le noir. Puis elle a chuchoté qu’on naviguait sous un ciel d’étoiles vivantes. Le guide maori racontait la découverte des lieux, à la fin du XIXe siècle. Personne ne parlait dans la barque, même pas les ados du groupe. La visite dure environ une heure et coûte 49 euros par personne. Un conseil : réserver le premier créneau du matin, avant les cars de touristes.

On est remontés à la lumière un peu sonnés, comme après un rêve. Léo a déclaré que c’était sa grotte préférée de toute sa vie. Il n’en avait vu que deux, mais l’intention y était. L’île du Nord cache un monde entier sous ses collines. La Nouvelle Zélande souterraine vaut celle de la surface. Chaque nouvelle étape promettait sa surprise. Ce voyage nous réservait encore bien des leçons de silence.

Waitomo, la nuit sous mille vers luisants

Rotorua, la ville qui sent le soufre et qui nous a surpris

L’odeur nous a accueillis avant les panneaux d’entrée de Rotorua. Un parfum d’œuf dur flotte sur Rotorua en permanence. Léo et Inès ont d’abord fait la grimace, puis ils ont oublié. Ici, la terre fume par tous ses pores, et le centre de l’île avec. Des colonnes de vapeur s’échappent des jardins publics et des berges du lac. Rotorua est le cœur géothermique de l’île du Nord. C’est aussi un berceau de la culture maorie.

On y a passé trois jours, notre plus longue étape du voyage. Le camping municipal proposait même des bains chauds naturels. Tom y a traîné chaque soir, son livre à la main. Les petits préféraient la piscine, chauffée par le sol elle aussi. La Nouvelle Zélande géothermique est ici chez elle, à découvrir en trois jours pleins. Le choix des parcs à visiter donne le tournis. Les lacs du nord attirent aussi les campeurs aux beaux jours. Les activités ne manquent pas dans la région, entre lacs et forêts de séquoias.

Les eaux colorées de Wai-O-Tapu

À vingt minutes de route au sud, Wai-O-Tapu aligne ses bassins multicolores. La Champagne Pool fume dans un dégradé d’orange et de vert. Léo a mené l’enquête sur chaque panneau, carnet en main. Pourquoi cette eau bout-elle ? D’où vient ce jaune fluo ? Le circuit le plus court se boucle en quarante-cinq minutes, parfait pour les petites jambes. L’entrée coûte 32,50 dollars néo-zélandais par adulte, environ 19 euros.

À 10h15 chaque matin, le geyser Lady Knox se laisse voir en éruption. Le jet monte jusqu’à vingt mètres, déclenché par un peu de savon. Léo a trouvé l’astuce un peu tricheuse. Il a quand même applaudi comme tout le monde. Inès a dessiné les bassins pendant que l’eau chaude jaillissait du sol derrière nous. Son feutre vert n’a pas survécu à la Champagne Pool. Ces paysages géothermiques n’existent presque nulle part ailleurs dans le monde. Prévoir des chaussures fermées, le sol reste boueux par endroits.

Le hangi et la soirée culturelle maorie

Le dernier soir, on a réservé une soirée culturelle dans un village maori. L’accueil commence par un powhiri, la cérémonie traditionnelle de bienvenue. Un guerrier s’avance, lance en main, pour jauger les visiteurs. Inès s’est cachée derrière Tom, mi-inquiète, mi-fascinée. Puis les chants ont commencé, et le haka a fait trembler les gradins. Léo connaissait la chorégraphie grâce aux All Blacks. Il a mimé chaque geste depuis son banc.

Le repas sort ensuite de terre, au sens propre. Le hangi cuit longuement dans un four creusé dans le sol. Viandes, patates douces et maïs prennent un goût fumé unique. Inès a redemandé trois fois des patates douces. La famille au complet s’est levée pour la dernière danse. Une découverte qui nous a tous marqués durablement. On a quitté le village avec des chants plein la tête. Le voyage prenait ici une autre couleur. Cette soirée reste notre plus belle façon de découvrir la culture maorie. Réserver quelques jours plus tôt, les sessions affichent vite complet en été.

Rotorua, la ville qui sent le soufre et qui nous a surpris

Tongariro, le parc qui nous a appris à renoncer

Le parc national de Tongariro s’étend au centre de l’île du Nord. La randonnée y est reine, comme partout en Nouvelle-Zélande. Les trois volcans du parc se voient de loin et dessinent l’horizon de l’île. Le vent du nord apporte la pluie, dit-on ici. Le Ngauruhoe a inspiré la Montagne du Destin du Seigneur des Anneaux. Léo le savait avant nous, évidemment. Il rêvait de la grande traversée, le fameux Tongariro Alpine Crossing. Vingt kilomètres de sentier alpin et environ huit heures de marche.

Le rêve a duré jusqu’à la lecture des panneaux du centre des visiteurs. Les conseils du personnel valent la peine d’être écoutés. La plupart des retours déconseillent la traversée complète avant douze ans. Avec Inès et ses sept ans, la question était réglée. La météo change vite là-haut, même en été. On a vu des randonneurs redescendre trempés sous un ciel pourtant bleu au départ.

Choisir une portion adaptée aux enfants

La famille a voté à main levée au petit-déjeuner. On a donc marché la première partie du sentier, jusqu’aux Soda Springs. Bon à savoir : le sentier part du parking de Mangatepopo. Le parc est le plus ancien de Nouvelle-Zélande. Le chemin longe un torrent sur des passerelles de bois, presque à plat. Quatre-vingt-dix minutes de balade, accessibles même aux petites jambes. Les paysages volcaniques s’ouvrent dès les premiers virages. Autour de nous, la lande rase des hautes terres et le silence. Inès ramassait des cailloux noirs, ses trésors de volcan.

Léo a d’abord boudé cette version courte de sa randonnée mythique. Tom lui a promis de revenir faire la traversée complète, rien que tous les deux. Vers ses quinze ans, quand les jambes suivront. Le marché a été conclu au sommet d’une cascade. La déception s’est changée en projet, et le retour s’est fait en courant. L’aventure s’est jouée ailleurs que prévu, et personne n’a perdu au change. Chaque enfant avance à son rythme sur ce sentier. D’autres randonnées faciles partent du même secteur, comme les chutes de Taranaki. Cette partie du parc reste gratuite et sans réservation. Un vrai bon plan pour les familles de passage. Prévoir coupe-vent et gourdes, même pour cette portion facile.

Tongariro, le parc qui nous a appris à renoncer

Wellington et la traversée du détroit de Cook

La capitale de la Nouvelle-Zélande nous a reçus sous une pluie horizontale. Wellington passe pour la capitale la plus ventée du monde. Le nord nous manquait déjà un peu. Wellington est réputée pour son vent, et la réputation n’est pas volée. Les bourrasques ont plaqué la portière du camping-car contre Tom. Léo et Inès ont trouvé ça hilarant, forcément. La capitale occupe la pointe sud de l’île du Nord. Le vent souffle ici du nord comme du sud, parfois entre matin et soir. On est restés deux jours, le temps d’embarquer pour l’île du Sud. Une nouvelle île nous attendait. Changer d’île en bateau a des airs de grand départ.

Le ferry traverse le détroit de Cook en 3 h 30 environ. La sortie du port offre une vue superbe sur les collines de Wellington. Les ferries relient les deux moitiés de la Nouvelle-Zélande toute l’année. Puis le bateau se faufile dans les Marlborough Sounds, un labyrinthe de bras de mer. Inès a passé la traversée le nez au hublot, à guetter les dauphins. Elle en a vu deux, ou peut-être un seul deux fois. Dernier soir sur l’île du Nord, fish and chips face au port.

Te Papa, le musée qui a sauvé notre jour de pluie

D’abord, direction Te Papa, le musée national du pays. Six étages d’expositions interactives face à la baie. L’entrée coûte 35 dollars pour les visiteurs étrangers adultes. Elle reste gratuite pour les moins de seize ans, une vraie bonne surprise. Léo a filé vers le simulateur de tremblement de terre. Il en est ressorti les yeux ronds, prêt à recommencer. Inès a préféré le calmar colossal conservé dans son bassin. Une sortie taillée pour une famille curieuse. De quoi alimenter ses cauchemars et ses dessins pour des semaines.

L’exposition sur la nature explique la faune unique de la Nouvelle-Zélande. Le pays n’abrite aucun serpent et presque aucun mammifère d’origine. Les oiseaux y régnaient en maîtres avant l’arrivée des humains. On y a passé un long moment sans voir le temps filer. Un espace de jeux permet même aux petits de souffler entre deux galeries. Te Papa raconte la Nouvelle-Zélande entière sous un seul toit. Le musée donne envie de découvrir chaque recoin de l’archipel. La découverte se fait en autonomie, à son rythme. Les activités couvertes sauvent les jours de pluie en famille. Il mérite sa réputation de meilleure sortie familiale de Wellington. Le voyage basculait alors dans sa seconde moitié.

Wellington et la traversée du détroit de Cook

Franz Josef, le glacier qui recule sous nos yeux

L’île du Sud joue dans une autre catégorie, plus sauvage encore. Chaque île a son caractère, et celle du sud mise tout sur une nature démesurée. La côte ouest mérite à elle seule le détour. La route serpente entre forêt pluviale et plages de sable gris. On a roulé longtemps sans croiser un village. Puis le glacier Franz Josef est apparu entre deux montagnes. Une langue de glace bleutée coule du massif jusqu’à la vallée.

La marche d’approche part du parking et remonte le lit de la rivière. Compter 1 h 30 aller-retour, sur un sentier plat et caillouteux. Des panneaux jalonnent le chemin avec les positions passées du glacier. En 1900, la glace arrivait jusqu’ici. Aujourd’hui, il faut plisser les yeux pour toucher le front du regard. Léo a fait le calcul à voix haute, sourcils froncés. Le glacier a reculé de plus d’un kilomètre en un siècle. Inès a demandé s’il serait encore là quand elle reviendrait en famille. On n’a pas su quoi répondre.

La Nouvelle-Zélande fond ici à vue d’œil. Ce paysage donne une nouvelle leçon de choses, plus forte que tous les manuels. Plusieurs randonnées balisées sillonnent d’ailleurs la vallée. Les glaciers de l’île du Sud descendent presque au niveau de la mer. La pluie sculpte ce versant de l’île depuis toujours. Cette partie de l’île reçoit des pluies records. Dès l’arrivée au parking, le ton est donné. La vallée reste superbe, cascades comprises, même sans approcher la glace. Le petit village en contrebas vit au rythme des visiteurs du parc. On y déniche des cafés chaleureux et une odeur permanente de feu de bois. Notre étape préférée de toute la côte ouest. Prévoir un vêtement chaud, le vent descend directement du massif.

Franz Josef, le glacier qui recule sous nos yeux

Lac Tekapo et Aoraki, sous le ciel le plus noir du monde

Après la côte ouest, on traverse les Alpes du Sud vers l’est. Le lac Tekapo apparaît au détour d’un col, d’un bleu presque irréel. Des sédiments glaciaires donnent à l’eau cette couleur laiteuse et turquoise. En été, des lupins roses et violets bordent les rives par milliers. Inès a couru dans les fleurs plus hautes qu’elle. Tom a rempli une nouvelle carte mémoire entière cet après-midi-là. La Nouvelle Zélande des cartes postales est ici, en plus beau. Le centre de l’île est un désert de montagnes dorées. Au loin se dresse l’Aoraki, ou Mount Cook, le toit du pays. Ses 3724 mètres dominent toute l’île du Sud. Aoraki est le nom maori du mont Cook. L’île déroule ici ses plus hauts sommets. Il faut le voir pour y croire.

La région est classée réserve internationale de ciel étoilé. Ici, presque aucune lumière artificielle ne vient troubler la nuit. On a installé les chaises de camping face au lac, après le coucher du soleil. La Voie lactée s’est allumée d’un bord à l’autre du ciel. Léo cherchait la Croix du Sud avec son application d’astronomie. Inès comptait les étoiles filantes à voix haute. Elle a arrêté à douze, vaincue par le sommeil. On a porté deux marmottes endormies jusqu’au camping-car. L’air des montagnes pique un peu le soir. Cette nuit-là reste notre plus beau souvenir de tout le voyage. Ce moment nous appartient encore aujourd’hui. Elle n’a rien coûté, comme souvent les meilleurs moments.

Le lendemain matin, on a marché jusqu’à l’église du Bon Berger. La petite chapelle de pierre pose seule au bord du lac depuis 1935. Sa fenêtre d’autel cadre les montagnes comme un tableau. Même Léo a accepté la pause photo sans négocier. Les lacs de la région changent de couleur selon l’heure et les nuages. On serait bien restés une semaine entière dans ce coin du monde. Un voyage pareil se mesure en souvenirs, pas en kilomètres. On comprend ici pourquoi tant de familles rêvent de voyager en Nouvelle-Zélande.

Lac Tekapo et Aoraki, sous le ciel le plus noir du monde

Queenstown, la ville qui n’arrête jamais nos enfants

Queenstown s’est présentée un matin, lovée contre son lac de montagne. Queenstown est la capitale de l’aventure en Nouvelle-Zélande. Saut à l’élastique, jet boat, parapente, tout se tente ici. Avec des enfants de 7 et 11 ans, on a visé plus raisonnable. La gondole Skyline grimpe au sommet de Bob’s Peak en cinq minutes. C’est le téléphérique le plus pentu de l’hémisphère sud. Le billet famille coûte 187 dollars néo-zélandais pour quatre.

Là-haut, la vue embrasse le lac Wakatipu et les Remarkables. Cette chaîne de montagnes porte bien son nom. On a traîné une heure sur la terrasse, incapables de partir. Les parapentistes s’élançaient juste au-dessus de nos têtes. C’est la base idéale pour découvrir le sud de la Nouvelle-Zélande. Les activités de plein air se comptent par dizaines ici. Queenstown Hill offre aussi une randonnée familiale avec vue. Queenstown est la star de l’île du Sud. Sa pointe méridionale garde le meilleur pour la fin. Certains lieux se gagnent à la marche, celui-ci se gagne en gondole. Queenstown mérite deux jours pleins dans tout itinéraire. Le voyage nous réservait encore une surprise après Queenstown.

La luge de Bob’s Peak, et une descente de plus

Le sommet cache une piste de luge d’été sur karts à trois roues. Un télésiège remonte les pilotes après chaque descente. La piste bleue déroule ses virages en pente douce, idéale pour commencer. Inès a exigé de conduire seule dès le deuxième tour. La piste rouge réserve ses tunnels et ses virages relevés aux plus téméraires. Léo y a retrouvé Tom pour des courses très officielles.

Le forfait de base inclut plusieurs descentes, et elles filent vite. Chaque descente relançait une nouvelle négociation. À la dernière, Léo a négocié ferme pour un tour bonus. Une aventure à leur taille, à eux deux. Tom a cédé, comme d’habitude. Ils sont redescendus décoiffés, avec le même sourire de gamin. La famille s’est retrouvée au télésiège, hilare. Le vent dans les oreilles et le lac en toile de fond. Inès résume mieux que moi : la meilleure activité du séjour, avec les étoiles. Prévoir une matinée entière et arriver à l’ouverture pour éviter les files.

Queenstown, la ville qui n'arrête jamais nos enfants

Milford Sound, le fjord qui a fait taire tout le monde

La route vers Milford Sound est un voyage à elle seule. Le trajet depuis Te Anau serpente entre parois vertigineuses et cascades sauvages. Le tunnel de Homer perce la montagne sur plus d’un kilomètre. À la sortie, la vallée s’ouvre comme un décor de cinéma. Léo et Inès ont arrêté leur jeu de cartes pour coller aux fenêtres.

La croisière sur le fjord dure environ 2 h. On a payé autour de 90 dollars par adulte, un peu moins pour les enfants. Le bateau frôle des cascades de plus de cent mètres. Le Mitre Peak plonge dans l’eau sombre depuis ses 1692 mètres. Des otaries à fourrure se prélassent sur les rochers, indifférentes aux bateaux. Un groupe de dauphins a escorté la proue quelques minutes. Inès hurlait de joie, trempée par les embruns.

Puis un silence étrange s’est installé à bord. Face à ces parois, même les plus bavards se taisent. Léo a chuchoté que c’était comme naviguer dans un autre monde. La pluie tombe ici plus de 180 jours par an. Elle multiplie les cascades et rend le fjord encore plus vivant. Un ciel gris reste donc un bon jour pour venir. Le fjord est l’un des plus beaux paysages de Nouvelle-Zélande. La faune ne se cache pas, dans ce coin le plus sauvage de l’île. Le grand final de l’île du Sud, et de ce voyage. Le fjord entaille l’île sur une quinzaine de kilomètres. Les animaux marins font le spectacle sans se faire prier. Aucun guide ne prépare vraiment à ce silence. Milford Sound figure sur toutes les cartes postales de Nouvelle-Zélande. Le fjord se laisse voir en bateau ou en kayak. Petit détail qui compte : les sandflies attaquent dès l’arrêt du moteur. Un bon répulsif sauve la fin de journée.

Nos tarifs repères, notés pendant le voyage, tiennent dans ce tableau. Ils évoluent selon la saison et les compagnies.

ExpérienceTarif constaté
Croisière sur le fjord de Milford Soundenviron 90 NZD par adulte
Gondole Skyline à Queenstown187 NZD pour une famille de quatre
Parc géothermique Wai-O-Tapu à Rotorua32,50 NZD par adulte
Grottes aux vers luisants de Waitomoenviron 49 euros par personne
Musée Te Papa à Wellington35 NZD par adulte, gratuit avant 16 ans
Milford Sound, le fjord qui a fait taire tout le monde

Le budget qu’on a vraiment posé pour ce tour du monde

Parlons argent, sans détour. Un voyage en Nouvelle-Zélande est un projet à préparer très en amont. La Nouvelle Zélande n’est pas une destination low cost. Les voyages lointains coûtent cher, celui-ci en tête. L’avion reste le poste le plus lourd du budget. Les vols pour la Nouvelle-Zélande se réservent tôt. Pour une famille, chaque poste compte double. Ce voyage en Nouvelle-Zélande reste le plus gros budget de notre vie de famille. On a commencé à mettre de côté bien avant le départ. Le premier poste, ce sont les vols. Un aller-retour entre la France et Auckland coûte entre 1200 et 1800 euros par personne. Le tarif dépend de la période et de la compagnie choisie. En réservant huit mois à l’avance, on a payé le bas de la fourchette. Compter ensuite une escale, souvent à Doha ou à Singapour.

Le deuxième poste, c’est le camping-car. La location va de 50 à 450 euros par jour selon la saison. Notre modèle familial, quatre couchages et vraie cuisine, était au milieu de la fourchette. Le véhicule est aussi l’hôtel et le restaurant du voyage. Le budget hébergement fond donc en grande partie dans celui du véhicule. Restent les emplacements pour la nuit, entre gratuits et une quarantaine de dollars la nuit. Les campings publics coûtent par exemple 15 dollars par adulte à Cascade Creek. La moitié pour les enfants.

Au quotidien, les enquêtes de voyageurs donnent un repère utile. Une famille avec deux enfants dépense en médiane 256 euros par jour sur place. On s’est retrouvés dans ces eaux-là, en cuisinant presque tous les soirs. Pour les courses, certains produits surprennent, le fromage en tête. Les activités payantes font vite grimper la note. On en a choisi une par étape, pas plus. Le reste du temps, la nature offre ses merveilles sans billet d’entrée. Randonnées, lacs, plages et points de vue restent gratuits partout.

Nos grands postes de dépense, pour trois semaines à quatre :

  • Vols aller-retour pour quatre personnes, le premier tiers du budget total.
  • Location du camping-car sur vingt jours, second gros morceau.
  • Carburant et ferry entre les deux îles.
  • Activités payantes, une par grande étape du voyage.
  • Courses, campings et petites dépenses du quotidien.

En additionnant vols et dépenses sur place, notre voyage a coûté autour de 10000 euros. Le chiffre fait peur, on le sait. Il se prépare sur la durée, étape par étape. Le prix de la liberté, tout simplement. Les frais de carburant s’ajoutent vite, avec les frais de ferry entre les îles. Les distances gonflent la note, du nord au sud. Le coût de la vie reste proche de celui de la France. Ce voyage vaut chaque euro dépensé. Les voyages en famille aussi lointains se comptent sur une main. L’essence coûte d’ailleurs plus cher sur la côte ouest de l’île. Et ce budget achète des souvenirs qui durent toute une vie.


NZeTA, visa et formalités : ce qu’on a réglé avant le décollage

Bonne nouvelle pour commencer : pas de visa classique pour les Français. Un séjour touristique de moins de trois mois en Nouvelle-Zélande en est dispensé. À la place, chaque voyageur doit obtenir une autorisation électronique, la NZeTA. Elle se demande en ligne ou via l’application officielle du gouvernement néo-zélandais. Depuis la France, la démarche se fait entièrement en ligne. La démarche reste simple, même pour les allergiques aux formulaires. Autre chose à savoir : la demande se fait passeport en main. Les enfants n’y échappent pas, chaque passeport doit avoir la sienne. La demande prend une dizaine de minutes par personne. Le traitement peut ensuite demander jusqu’à 72 heures. L’idéal reste de s’y prendre au moins une semaine avant le vol. Nous, on a tout réglé un mois avant le départ, par sécurité.

La NZeTA coûte 17 dollars néo-zélandais via l’application, 23 dollars sur le site. S’y ajoute la taxe touristique IVL de 100 dollars par personne. Cette taxe finance la protection de la nature et les infrastructures du pays. Le paiement se fait en une seule fois, taxe comprise. Compter donc environ 120 dollars par voyageur, soit autour de 65 euros. Pour une famille de quatre, la formalité pèse près de 260 euros. Un point de vigilance : passer uniquement par le site officiel d’Immigration New Zealand. Des sites privés facturent la même démarche bien plus cher. L’autorisation reste valable deux ans, et elle est liée au passeport utilisé. Pas besoin de l’imprimer, tout est numérique. Toutes les informations officielles tiennent sur une seule page. L’entrée en Nouvelle-Zélande se prépare donc en trois temps. Les détails pratiques comptent double si loin de chez soi. Un passeport renouvelé impose donc une nouvelle demande.

Le passeport doit rester valable trois mois après la date de sortie prévue. Aucun vaccin spécifique n’est exigé pour entrer dans le pays. Une assurance voyage solide reste vivement conseillée pour partir si loin. Pour la conduite, le permis français suffit, accompagné d’une traduction officielle ou d’un permis international. La conduite se fait à gauche, on en reparle plus bas.

Dernier document du dossier : la déclaration du voyageur, à remplir avant l’embarquement. Elle couvre les questions de douane et de biosécurité. La Nouvelle-Zélande protège farouchement son écosystème unique. Interdiction d’entrer avec des fruits, des graines ou du miel. Les chaussures de randonnée doivent être propres, terre comprise. Les contrôles à l’arrivée ne plaisantent pas avec ces règles. Ces démarches font partie du voyage, autant les préparer sans stress. Les voyages hors d’Europe demandent simplement plus de paperasse. On avait briefé les enfants, fiers de leurs chaussures brossées. L’agent a vérifié les semelles de Léo avec un grand sourire.


Organiser un road trip en camping-car avec des enfants

Le camping-car s’est imposé dès le début du projet. La Nouvelle-Zélande est taillée pour le voyage itinérant. Les distances restent raisonnables et les campings sont nombreux. Et dormir chaque soir dans un nouveau décor, ça n’a pas de prix. Le choix du véhicule mérite réflexion, et un voyage pareil s’improvise mal. Le véhicule se récupère à Auckland et se rend à Christchurch, selon les formules. Avec deux enfants, un modèle de six mètres offre le bon compromis. Quatre vrais couchages, une cuisine, une douche et des rangements. Plus grand devient sportif sur les routes de montagne. Plus petit transforme les jours de pluie en huis clos tendu.

On a réservé notre location six mois avant le départ. En haute saison, de décembre à février, les véhicules familiaux partent très vite. Les tarifs grimpent fortement sur cette période. Partir en novembre ou en mars fait économiser des centaines d’euros. La conduite à gauche inquiète souvent avant de partir. Elle s’apprivoise en réalité dès les premiers kilomètres. Les routes du pays sont peu chargées hors des grandes villes. Seule vraie consigne : viser des étapes courtes. Deux cents kilomètres quotidiens suffisent largement. Les routes de montagne se méritent, virage après virage. Et les arrêts imprévus font le sel du voyage. Un lac repéré depuis la route, ou une plage déserte à l’horizon. On a appris à ne jamais planifier la journée à l’heure près. L’île du Sud demande plus de marge, ses routes sont plus lentes. Tout caler avant de partir, puis improviser sur place.

Le passage d’une île à l’autre demande un peu d’organisation. Le ferry embarque les camping-cars entre Wellington et Picton, porte de l’île du Sud. Réserver la traversée en même temps que le véhicule évite les mauvaises surprises. Les places pour les grands gabarits partent en premier. Prévoir aussi des vêtements pour quatre saisons, quelle que soit la période. La météo change d’avis plusieurs fois entre matin et soir. On a connu 25 degrés le matin et la polaire le soir même. Le secret : empiler les couches.

Pour les nuits, le choix couvre toutes les gammes. Les holiday parks proposent électricité, cuisines communes et aires de jeux. Les petits s’y faisaient des copains en dix minutes, barrière de la langue comprise. Les campings publics du réseau de conservation coûtent bien moins cher. Les emplacements y sont souvent superbes, au bord d’un lac ou d’une rivière. Le camping sauvage, lui, obéit à des règles strictes. Beaucoup de communes l’interdisent aux véhicules non autonomes. Une application dédiée aide à trouver les aires autorisées chaque soir. Le site du réseau de conservation liste tous les emplacements publics. La règle est simple : le premier arrivé choisit sa place. Les bons plans s’échangent le soir entre voisins d’étape. Préparer les étapes deux jours plus tôt suffit largement. Les supermarchés des grandes villes coûtent moins cher que les épiceries de village. On faisait le plein de courses avant chaque zone isolée. La côte ouest compte peu de commerces. Sur chaque île, les distances trompent. La voiture reste une option pour les séjours plus courts. La Nouvelle Zélande se prête au camping comme nulle part ailleurs. Beaucoup de familles remontent ensuite vers le nord par la côte est. Le sud se garde souvent pour la fin. Certains repartent vers le nord en avion, directement depuis Christchurch.

La vie à bord prend vite son rythme. Chaque enfant gère son coin et ses affaires. Léo était responsable de la carte et du choix des playlists. Inès arrosait la plante embarquée, adoptée dès le premier supermarché. Les trajets passent avec des podcasts et un jeu d’observation. Le premier qui repère un mouton noir gagne le dessert. Autant dire que la partie s’éternise rarement. Voyager ainsi à travers les deux îles reste notre meilleur souvenir de parents. Voyager léger reste la règle d’or à bord, chaque famille prend vite son rythme. Voyager en tribu impose une cadence, autant l’accepter. Un road trip ici se savoure lentement. Le plus long tronçon se roule en une matinée. D’une île à l’autre, les paysages changent du tout au tout. Les conseils des loueurs valent de l’or pour les premiers kilomètres. Des vacances pareilles se méritent, organisation comprise. Les voyages suivants paraîtront fades, on est prévenus. Pas besoin de tout planifier, l’improvisation paie ici. Chaque nouvelle journée apportait son jeu, sa dispute et son fou rire. Ce mode de voyage a soudé notre petite famile comme jamais.

Un dernier conseil pour finir : garder une marge de deux jours avant le vol retour. Un axe coupé ou une tempête arrive vite ici. Notre marge nous a servi, un col fermé nous a fait rallonger de 300 kilomètres. Elle nous a offert au passage une dernière nuit face à l’océan.


Notre retour sur le voyage en famille en Nouvelle-Zélande

Les incontournables : Rotorua, Milford Sound et le Tongariro ont rythmé nos trois semaines.

Moments magiques : Les vers luisants de Waitomo ont laissé Inès sans voix.

Pause détente : Les soirées étoilées au bord du lac Tekapo, blotties en famille.

Notre astuce : Réserver camping-car et croisière plusieurs mois avant le grand départ.

Coup de cœur de la famille : Le silence des enfants face aux cascades de Milford Sound.


Voyage en famille en Nouvelle-Zélande : les questions qui reviennent

Combien de temps prévoir pour un voyage en famille en Nouvelle-Zélande ?

Trois semaines sont le minimum pour relier les deux îles sans courir. Quatre semaines offrent un rythme plus doux avec des enfants. En dessous de quinze jours, autant se concentrer alors sur une seule île.

Quelle est la meilleure saison pour partir en Nouvelle-Zélande avec des enfants ?

L’été austral, de novembre à avril, offre le meilleur climat pour les activités. Mars et avril combinent météo douce et sites moins fréquentés. Attention aux vacances scolaires locales de décembre et janvier, très chargées partout.

Le Tongariro Alpine Crossing est-il faisable avec de jeunes enfants ?

La traversée complète reste déconseillée avant douze ans par la plupart des retours. Vingt kilomètres et un dénivelé sérieux exigent une endurance solide. La portion jusqu’aux Soda Springs offre une belle alternative accessible aux familles.

Faut-il un visa pour partir en Nouvelle-Zélande depuis la France ?

Aucun visa classique pour un séjour touristique de moins de trois mois. La NZeTA reste obligatoire pour chaque voyageur, enfants compris. Compter environ 120 dollars par personne avec la taxe, et 72 heures de traitement.

Vaut-il mieux louer une voiture ou un camping-car en famille ?

Le camping-car offre la liberté totale et fait fondre le budget hébergement. La voiture revient moins cher, mais impose des nuits en dur. Avec deux enfants, notre cœur penche très clairement pour la maison roulante.