Destinations > Que faire à Brésil > Itaò
Quand Anaïs a prononcé le mot Itaò, on a cru qu’elle parlait d’une variété de fruit. Pourtant, quelques semaines plus tard, la famille Almeida quittait l’agitation de São Paulo pour cette ville nichée dans le sud du Brésil, au cœur d’une région où la culture kuikuro est encore bien vivante. Ce voyage allait les sortir du béton et les plonger dans un monde de traditions, de chants sacrés et de forêts pleines de récits. Entre les croquis d’Eliott, les questions de Tomé et les silences émerveillés d’Anaïs, on s’est laissé porter… Et autant vous dire : Itaò ne s’oublie pas.
🌟 Et si vous jetiez un œil à nos autres pépites ?
🧭 Jour 1 : “Bienvenue à Itaò” : entre route cahoteuse et sourires chaleureux
« Maman, tu crois qu’on va voir un toucan avant d’arriver ? » Tomé n’a pas lâché la vitre une seule seconde. De Porto Alegre à Itaò, la route serpente entre collines boisées et champs inondés de lumière. Eliott, concentré, dessine chaque virage sur son carnet. Pendant ce temps, Rafael teste tous les angles possibles pour capturer le paysage du sud du Brésil, pendant qu’Anaïs note déjà des plantes inconnues dans son carnet vert.
Après plusieurs heures de trajet (et trois pauses banane), on découvre enfin la ville. Petite, colorée, bordée d’eau et de végétation luxuriante. Le centre semble flotter entre passé et présent. On est accueillis avec une gentillesse désarmante à la Pousada dos Advogados, une perle nichée entre lac et forêt, idéale pour souffler après la route. Notre chalet familial, spacieux et lumineux, offre une vue sur les tours immergées de l’église São Pedro. Tomé a foncé vers le quai, Eliott s’est installé sur la terrasse pour dessiner.
Le soir, direction JocasBar & Hamburgueria. Sur le rooftop, on déguste des burgers juteux pendant que les enfants testent le milkshake chocolat (verdict : validé à l’unanimité). L’accueil est chaleureux, l’ambiance détendue. On est déjà conquis par cette région où la vie semble couler plus doucement. Itaò nous tend les bras… et on a très envie de lui répondre.
🌿 Jour 2 : L’appel de la culture kuikuro : marché, ateliers et chants sacrés
Ce matin-là, tout le monde était debout avant le réveil. Anaïs avait déjà repéré l’emplacement du marché kuikuro : une grande place vivante, bordée de tissus aux couleurs vives et d’étals de locaux souriants. On y a croisé des visiteurs comme nous, mais aussi beaucoup d’habitants venus discuter, troquer, partager. Une ambiance animée, mais apaisante.
Tomé a eu un coup de cœur pour un vieil herboriste qui lui a appris le nom de cinq plantes médicinales en langue kuikuro. Il les a récitées toute la journée, en mode mini-chaman. Anaïs, elle, discutait graines rares avec une vendeuse de semences enveloppées dans des feuilles séchées. De son côté, Eliott s’est laissé happer par un stand d’objets artisanaux. Une artisane lui a expliqué les dessins rituels peints sur les céramiques, en lui montrant comment les symboles racontent la culture d’un peuple. Il est reparti avec un petit collier tressé, fier comme un guerrier.
🎭 Une immersion vivante dans les traditions kuikuro
En début d’après-midi, on a rejoint un atelier de poterie sous un auvent en bambou. Les enfants ont façonné leurs propres bols, guidés par des mains patientes et rieuses. Tomé a sculpté une tortue (pas très symétrique, mais pleine d’intention), pendant qu’Eliott peignait son pot de symboles spiralés.
Le soir, la lumière dorée filtrait à travers les feuillages quand les chants sacrés ont commencé. Une cérémonie publique, ouverte à tous, où danses et tambours ont rempli l’espace. Les traditions kuikuro prennent vie dans chaque pas, chaque son. Les enfants regardaient bouche bée. Anaïs a essuyé une larme. Rafael filmait sans un mot.
Ce moment restera gravé : un vrai partage, sans fioritures, juste la culture kuikuro, généreuse et vivante.
🎨 Jour 3 : La forêt a une mémoire : randonnée contée et cinéma autochtone
Ce matin-là, les jumeaux étaient prêts avant le petit-déjeuner, baskets aux pieds et gourdes à la main. L’air était moite, chargé de promesses, quand on a rejoint notre guide kuikuro à l’entrée des sentiers. Il ne portait ni carte, ni boussole : « La **forêt connaît le chemin », nous a-t-il soufflé avec un sourire.
La nature ici est d’une densité presque intimidante. Chaque pas nous plongeait dans un paysage vivant, bruissant de chants d’oiseaux et d’histoires anciennes. Tomé a repéré un tamanoir à travers les branches — il s’est figé comme une statue pour ne pas l’effrayer. Anaïs n’arrêtait pas de s’exclamer en découvrant une nouvelle fougère, pendant qu’Eliott remplissait son carnet de croquis : troncs noueux, empreintes de jaguar, masques imaginaires. À chaque pause, notre guide glissait une légende indigène — des récits de transformation, de mémoire végétale, de liens invisibles entre humains et forêt.
🎬 Un après-midi entre mémoire et émotions
L’après-midi, direction le musée communautaire, petit mais riche. On y a découvert des objets rituels, des archives orales, et une exposition tactile pour les enfants. Puis place au cinéma, installé dans une grande salle en bois, ouverte sur l’extérieur.
Le film projeté : Itão Kuegű : Les Hyperfemmes. Un documentaire puissant, réalisé par des femmes kuikuro, qui célèbre la force et les rituels féminins. Le festival local propose ces projections chaque année, en accès libre pour les visiteurs.
Après le générique, un débat s’est ouvert. Eliott a levé la main pour demander comment on devenait « femme guerrière ». Tomé, lui, voulait savoir si les chants guérissaient aussi les animaux. Anaïs et Rafael sont restés silencieux un moment, émus par cette expérience si sincère.
On est repartis avec une certitude : ici, les traditions ne se regardent pas, elles se vivent.
🍲 Jour 4 : Derniers regards et promesses de retour
Ce matin, la maison était silencieuse. Même Tomé parlait à voix basse. Il faut dire qu’on sentait déjà la fin approcher… Anaïs a filé au marché dès l’aube. Elle tenait à rapporter quelques graines rares, soigneusement choisies auprès de marchandes qu’elle avait repérées dès le premier jour. « Ce sont des jardins vivants, ces marchés », a-t-elle soufflé en revenant, les yeux brillants.
Rafael, lui, s’est attardé dans les ruelles colorées du centre. Il a retrouvé un artiste local aperçu deux jours plus tôt. Ensemble, ils ont parlé pigments naturels, motifs géométriques, mémoire des lieux. Il a même été invité à peindre un fragment de fresque – un petit triangle discret, mais symbolique.
💌 Des adieux simples et sincères
Pendant ce temps, Eliott et Tomé sont allés retrouver les femmes kuikuro de la veille. Ils leur ont offert leurs dessins, soigneusement pliés et signés, comme de petits trésors. En retour, ils ont reçu des sourires, des bras serrés, et un mot en langue kuikuro qu’ils n’ont pas compris, mais qu’ils ont gardé précieusement.
Puis il a fallu refermer les sacs, quitter notre chalet, saluer la ville une dernière fois. Le départ s’est fait dans le calme, mais les regards en disaient long. Ce voyage a touché quelque chose d’intime en chacun de nous.
Anaïs l’a dit juste avant de monter dans la voiture :
« On est venus pour découvrir une culture. On repart avec une autre vision du Brésil, et un lien vivant avec ses traditions. »
😍 Les plus beaux souvenirs de la famille Almeida
Les incontournables : Le marché kuikuro, les sentiers de forêt et le musée communautaire nous ont profondément marqués.
Moments magiques : Les chants sacrés, l’atelier de poterie et le cinéma autochtone ont créé de vrais instants de complicité.
Pause détente : La pousada au bord du lac, ses chalets familiaux et le rooftop de JocasBar nous ont offert un vrai répit.
Notre astuce : Préférez une voiture de location depuis Porto Alegre pour profiter librement des paysages du Rio Grande do Sul.
Nos coups de cœur : Le collier tressé du marché (Tomé) | Les fresques rituelles (Eliott) | Les graines rares locales (Anaïs) | Le film Les Hyperfemmes (Rafael) | Les chants au coucher du soleil (Moi).
❓FAQ – Itaò en famille, ce qu’il faut savoir avant de partir
🎒 Y a-t-il des activités adaptées aux enfants ?
Absolument. Itaò a surpris les jumeaux par la richesse de ses expériences culturelles et nature. Entre les ateliers artisanaux, les balades en forêt, le festival de la chanson kuikuro, et les marchés animés, chaque journée offrait une aventure différente. On a aimé la liberté de créer, de poser des questions, de participer. Ce n’est pas un tourisme de masse, et ça change tout : ici, les enfants sont accueillis comme des voyageurs à part entière, avec leur propre curiosité.
🌤 Quelle est la saison idéale pour visiter Itaò ?
L’été brésilien (décembre à mars) reste agréable pour profiter des activités extérieures, mais peut être humide. On a choisi d’y aller à la fin de l’hiver austral, début septembre : températures douces, sentiers praticables, peu de moustiques, et de superbes lumières sur les lacs. À cette période, la semaine des traditions rio sul attire les familles locales autour d’événements festifs. Une destination idéale pour qui cherche l’authenticité loin des circuits classiques.
🏡 Où dormir à Itaò avec des enfants ?
On a séjourné à la Pousada dos Advogados, et on recommande chaudement. Les chalets familiaux sont spacieux, confortables, avec vue sur le lac et barbecue privé. Wi-Fi rapide, TV câblée (128 chaînes, testée et validée par Eliott) et espace pour cuisiner ensemble. L’accueil y est simple, généreux, comme dans toute la région. À deux pas du centre, mais dans un cadre paisible : parfait pour se poser entre deux balades.
🧭 Peut-on vraiment vivre une immersion culturelle à Itaò ?
C’est ce qui nous a le plus marqué. À Itaò, la culture kuikuro se partage dans le quotidien : au marché, dans les ateliers, lors des cérémonies. Ce n’est pas une mise en scène, mais une vie locale authentique que les habitants vous invitent à découvrir. Anaïs en parle comme d’un lieu où la culture est « vivante, pas racontée mais transmise ». Pour les voyageurs en quête de rencontres vraies, Itaò révèle une autre âme du Brésil, encore méconnue, mais d’une richesse rare.
🚗 Comment accéder à Itaò depuis le sud du Brésil ?
Itaò se trouve dans le Rio Grande do Sul, à quelques heures de route de Porto Alegre. On vous conseille la location de voiture si vous voyagez en famille : plus de flexibilité pour explorer les alentours. Les bus existent, mais attention aux trajets longs et aux horaires irréguliers. L’accès à Itaò demande un peu d’organisation, mais le voyage en vaut la peine : la route traverse des paysages vallonnés superbes. Même Tomé est resté concentré, espérant apercevoir un toucan au bord du fleuve Uruguay.